Nommé directeur général de la première télévision à péage d'Europe, James Murdoch a fait face aux critiques de nombreux actionnaires à l'occasion d'un assemblée générale mouvementée.
Malgré les grincements de dents de certains actionnaires du bouquet satellitaire British Sky Broadcasting (BSkyB) , Rupert Murdoch a imposé au poste de directeur général son fils cadet James. Il dirigera donc, à trente ans à peine, la première télévision payante d’Europe après s'être occupé de Star, la télévision à péage pour l’Asie du groupe News Corp. Cette nomination a été enterinée à l'issue d'une assemblée générale houleuse, où père et fils ont essuyé les critiques virulentes. Car pour bien des observateurs, BSkyB n’a pas fait preuve d’impartialité en choisissant James Murdoch. Bien au contraire, le magnat australo-américain des médias a été accusé de népotisme au cours des dernières semaines
Les critiques ont d'ailleurs continué lors de l'Assemblée générale. "Avoir le père et le fils à la tête d'une des plus grosses entreprises britanniques revient à se moquer du système anglais qui veut que le président et le directeur général d'une société soient parfaitement indépendants", s'exclame David Somerfield, représentant d'un fonds de pension californien. "Vous faites preuve d'une arrogance et d'une indifférence à l'égard des actionnaires qui sont effroyables !", a déclaré un actionnaire à l'encontre de Rupert Murdoch. Mais le président ne s'est pas démonté, répondant à ce dernier qu'il pouvait vendre ses titres si la gestion de l'entreprise ne lui convenait pas. Au final, la nomination de James Murdoch au conseil d'administration du groupe a néanmoins été acceptée. Les actionnaires n'avaient toutefois pas à se prononcer sur le poste de directeur général. Ils ont en revanche voté contre la reconduction de l'un des membres de la direction, responsable du processus de sélection des dirigeants.
La fronde limitée des actionnaires s'explique peut-être par les excellents résultats de BSkyB. Dévoilé le même jour, le bénéfice net du groupe pour le premier trimestre 2003/04 s'élève en effet à 129 millions d’euros, alors qu’il était proche de 0 il y a un an. Les ventes aussi sont en augmentation (+17% sur la période) à 1,2 milliard d’euros. BSkyB compte près de 7 millions d’abonnés, qui lui rapportent 524 euros par an chacun en moyenne.

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