L'action du groupe grimpait de 5%. EADS retrouve de l'allant à la faveur d'une méga-commande, d'un retour en grâce auprès des investisseurs et de perspectives commerciales favorables à long terme.
Il y a longtemps que l'action EADS n'avait pas été à pareille fête à la bourse de Paris : le titre bondissait de 5% mercredi en séance. C'est que le groupe aéronautique a cumulé une flopée de nouvelles encourageantes sinon rassurantes.Tout d'abord, la filiale Airbus a engrangé une méga-commande de 45 appareils de la famille A-320, émanant de la compagnie russe Aeroflot. Ce qui représente un contrat de 2,35 milliard d'euros au prix catalogue. Ce faisant, l'avionneur prouve une fois de plus qu'il tourne grâce à son mono-couloir vedette. Le transporteur russe avait déjà annoncé il y a deux mois son intention d'acheter 22 A-350 après 2012, mais l'affaire s'était ensuite enlisée dans les méandres de son conseil d'administration, entre les tenants d'un accord avec Boeing et ceux avec Airbus.
Autre motif de satisfaction : les perspectives du marché à long terme, portées par le dynamisme des pays émergents et des low cost, dont la demande en sièges passagers ne cessera de s'envoler durant les deux décennies à venir (+400%). Sur les vingt prochaines années, Airbus mise ainsi sur un marché mondial de 22.700 appareils (dont fret) ; soit un montant total de 2600 milliards de dollars ! C'est déjà 24% de mieux que ses mêmes estimations effectuées il y a deux ans. Sur ce volant de 22.700 unités, le groupe dirigé par Louis Gallois anticipe 1660 très gros porteurs, tels que l'A-380 (503 milliards), notamment sur les liaisons transpacifiques (Europe/Asie) en plein essor.
EADS jouit aussi d'un retour en grâce auprès des investisseurs. Symboliquement, la prestigieuse Goldman Sachs a ainsi réintégré l'action du groupe à sa short list de valeurs recommandées à l'achat, avec à la clé un objectif de cours de 27 euros. Or, jusqu'à présent, le titre EADS était plutôt délaissé. Actuellement, il oscille aux alentours des 24 euros. Pour finir, dans une note adressée à ses clients, l'établissement souligne qu'EADS possède même un « potentiel haussier » de 21%.
Enfin, last but not least, le numéro un européen est sur le point de boucler la recomposition de son capital à tonalité allemande. En clair, « les grandes lignes » d'un accord entre le gouvernement d'Angela Merkel et DaimlerChrysler, le premier actionnaire du groupe avec 22,5%, sont désormais arrêtées. Le constructeur germano-américain devrait a priori céder 7,5% des parts à un consortium bancaire, emmené par Deutsche Bank, Commerzbank et Goldman Sachs, dixit le Handelsblatt. Figureraient également des établissements régionaux, tels que la WestLB. Le tout devrait être dévoilé officiellement la semaine prochaine en même temps du reste que l'annonce du lancement définitif du programme A-350.

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