Renault a annoncé jeudi la mise en place d'un « plan de départs volontaires », essentiellement en Europe, dans le cadre d'un plan d'action visant à réduire les coûts face à un environnement économique plus difficile que prévu.
Renault s’attend à une fin d’année difficile. Compte tenu de « la dégradation de l'environnement macro-économique », le constructeur français va mettre en place un plan d'action « afin de préserver sa compétitivité et sa profitabilité ». Un de plus donc puisqu’en 2006, la marque au losange avait déjà engagé le plan Renault Contrat 2009 pour accroître sa rentabilité.
Sauf qu’aujourd’hui, le contexte conjoncturel « dépasse les hypothèses les plus pessimistes » de ce plan, indique Renault. Augmentation du prix du pétrole et des matières premières, évolution défavorables des parités, hausse du coût de financement des entreprises, recul des marchés européens… ces « cinq facteurs défavorables » pèsent sur la profitabilité et la compétitivité du groupe. De nouvelles mesures d’économies sont donc nécessaires, notamment dans le domaine de l’emploi.
Il souhaite notamment mettre en place à la rentrée un plan de départs volontaires, « essentiellement en Europe », afin de réduire ses coûts de structure de 10%. Par ailleurs, les recrutements sur le Vieux continent seront gelés.
Le directeur financier Thierry Moulonguet n'a pas souhaité chiffrer le volume possible de départs volontaires, mais en réponse à une question il a jugé « raisonnable » une estimation de 5.000 personnes.
Le constructeur français annonce aussi une « réorganisation des sites de production », avec en particulier le passage à une équipe à l'usine de Sandouville au lieu de deux actuellement.
Le plan d'action comporte aussi une hausse des prix de vente, déjà annoncée, « pour absorber le coût des matières premières ». Et Renault compte geler ou reporter les projets considérés comme non prioritaires afin d’alléger son plan produit.
L'ensemble de ces mesures devrait se traduire par des économies de 350 millions d'euros dès 2009 et 500 millions en année pleine, a précisé Thierry Moulonguet. Des consultations seront effectuées avec les représentants des salariés.
L’annonce de ce plan d’action intervient alors que le constructeur automobile a accru sa rentabilité au premier semestre. Renault publie un « résultat net estimé » qui s'établit à 1,47 milliard d'euros, mais ne comprend pas la contribution de Nissan çà ses résultats. Au premier semestre 2007, le résultat net équivalent (sans la contribution de Nissan) se situerait à 1,07 milliard, a précisé Renault.
Le chiffre d'affaires semestriel du groupe s'est établi en hausse de 2,3% à 20,9 milliards d'euros au premier semestre 2008. Et la marge opérationnelle a atteint 865 millions d'euros, soit 4,1% du chiffre d'affaires (contre 3,5% au 1er semestre 2007).
Cette année, Renault estime que les résultats du premier semestre le placent « toujours sur la trajectoire d'une marge opérationnelle de 4,5% ». Le constructeur table en revanche désormais sur une croissance des ventes « supérieure à 5% », alors qu'en début d'année, il visait plus de 10%
Pour 2009, Renault « maintient le cap sur 6% de marge opérationnelle », mais revoit ses prévisions de ventes de véhicules en baisse à 3 millions d'unités, contre 3,3 millions auparavant.

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