Afin d'améliorer sa marge opérationnelle, le constructeur traque ses moindres coûts. Pour ce faire, le groupe dirigé par Carlos Ghosn compte imposer le principe des bureaux partagés à ses 15.000 "cols blancs" de la région parisienne en les mettant au télétravail.
Chez Renault, la priorité est à la marge opérationnelle. Soit 2,5% pour 2006. Et Carlos Ghosn, le patron du constructeur, a décrété sur ce point la mobilisation générale dans le cadre de son plan « Contrat Renault 2009 ». Objectif affiché par le numéro deux français : traquer les coûts de fonctionnement. Que ce soit sur les chaînes de montage, dans les ateliers ou les bureaux. Et notamment chez ses 15.000 « cols blancs » de la région parisienne, ventilés aujourd'hui sur trois sites (Guyancourt, Rueil et Boulogne).
Pour tenir la cadence, le groupe souhaite rogner ses fameux frais généraux de 5,2% à 4,8%, « soit, au fond, les seules poches de productivité encore disponibles dès lors que tout ou presque a été fait sur les sites de production eux-mêmes», note pour LExpansion.com Jean-Luc Placet, le patron d'IDRH, une société de conseil en organisation. Ce qui induit forcément une politique drastique.
Dans les faits, chez Renault, celle-ci comporte trois volets : primo, l'externalisation de certaines activités (entretien, logistique, gardiennage) ; secundo, l'instauration des bureaux partagés ; enfin, tertio, la mise en place du télétravail. « Il faut bien voir que seul le troisième volet du dispositif, c'est-à-dire le télétravail, est soumis à la négociation. Les deux autres – externalisation et bureaux partagés – ont simplement fait l'objet d'une information-consultation type », confie à LExpansion.com Pierre Nicolas, représentant syndical CGT au CCE. La direction et les syndicats ont justement ouvert aujourd'hui mardi la négociation relative au télétravail. Un second round semble d'ores et déjà programmé pour le 9 janvier.
Sur le papier, les syndicats sont loin d'être opposés à la formule. Mais sur le terrain, ils se montrent déjà plus réticents. C'est qu'ils ne sont pas dupes de l'obsession de la direction d'alléger sa facture immobilière. De fait, à la lumière du document interne « Nouveaux environnements de travail », il apparaît qu'un poste de travail chez Renault revient à 14.000 euros par an contre 9000 euros en moyenne chez la concurrence. Logique dira-t-on au vu du prix au mètre carré dans la région parisienne. PSA à Sochaux n'a évidemment pas le même souci…
Carlos Ghosn et son staff axent donc leur effort sur deux points clés : les « shared offices » – les bureaux partagés – et le télétravail. En vertu du premier, il s'agit de caser le même effectif dans moins de mètres carrés, tout en occupant un maximum de bureaux en permanence. Concrètement, le salarié du groupe devrait ainsi passer d'une moyenne de 10 m2 à 8 m2 et surtout, le taux d'occupation des bureaux est censé flirter avec les 84% à l'instant « T » contre environ 40% à l'heure actuelle. « C'est le principe du métro, lâche amer Pierre Nicolas. On prend la place disponible sans broncher. Chaque matin, le salarié hérite pour la journée d'une place qu'il n'a pas choisie, d'un portable et d'un casier. Mais en voulant augmenter sans cesse la densité, on va vite s'apercevoir que les servitudes vont également exploser ».
En vertu du second – le télétravail –, l'entreprise espère faire coup double : obtenir de ses salariés « hors les murs » une efficacité au moins égale pour un coût de revient nettement moindre. Car l'hébergement, la restauration (Renault ne fonctionne pas avec des tickets restaurants) et les frais de transport ne lui sont alors plus imputés. « Pour les syndicats, ce phénomène recèle au moins deux effets pervers, analyse Odile Duchenne, directrice générale d'Actineo, un observatoire de la qualité de vie au bureau. Car plus les gens sont dispersés, moins ils peuvent être fédérés et donc mobilisés pour défendre tel ou tel acquis. Et puis, sur le plan individuel, le télétravail implique forcément un management par objectifs : le salarié a désormais une obligation de résultats et non plus une obligation de moyens sous peine d'être jugé improductif et donc inutile ».

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Enfin un patron -en Franc - qui veux appliquer le télétravail. Comme souvent la France arrive 10 à 15 ans après les autres pays industrialisé au même conclusion. VIVE LE TELETRAVAIL Amicalement
avec sa logan,schweizer ghosn fait du tati dans l'automobile;et s'apercevront malheureusement un jour que les employés de chez tati-renault ne pourront même plus se payer un slip à 1 euro pour poser leurs fesses dans une logan à quellques miliers de drachmes roumaines!
J'ai vécu ce fénomène chez IBM, En passant par "l'open space" au télétravail. Mais si on télétravaille en France, rien n'empèche de télétravailler au Bangladesh ou les couts et charges sociales sont bien inférieures. Ceci ressemble plus a un leurre et le premier pas vers la porte des effectifs français. Cependant il y a une erreur fondamentale de raisonnement dans cette histoire, on veut produire moins cher ailleurs pour vendre dans les pays Européens ou le pouvoir d'achat est supérieur. A force de paupériser, même les cols blancs, qui restera t'il pour acheter les produits
J'ai travaillé dans plusieurs sociétés multinationales. Au départ, j'avais, en tant que cadre commercial, un bureau personnel ou que nous avions partagé entre collègues. Ensuite il y a eu les paysagers, et maintenant il y a les "bureaux virtuels", et le lendemain on ne retrouve pas le collègue avec qui on avait pris le café la veille et qui nous avait confié ses petits problèmes personnels... Mais bon, tout doit être fait pour la productivité (Ste Productivité, où se trouve la chapelle dans laquelle aller déposer une bougie à votre dévotion ???). Mais si les cadres sont inconfortables, ça peut aller 3 mois, mais au bout d'un an, et le moindre rendement (que d'ailleurs on chiffre comment ?) généré par un confort de travail proche de zéro, qu'est-ce qu'on fera ? J'ai bien mes idées, mais Carlos ne me consulte pas !!! (Je ne travaille pas chez Renault, ni chez un de ses concurrents, ni même dans l'industrie automobile !!!) Au fait, Carlos, il partage son bureau où, avec qui, et qui décide de son lieu géographique d'affectation ? (Ste Productivité, pardon pour ce crime de lèse-patron...)
Les sociétés sont plutôt réticentes au télétravail car elles ne maitrisent plus ce que fait l'employé, d'ou l'obligation de passer en mode de résultat plus contraignant pour tous y compris l’encadrement. Sauf cas particulier il faut prévoir la présence du salarié deux jours par semaine dans l'entreprise pour faire le point, définir ses objectifs et participer aux réunions d'information d'ensemble et ne pas perdre le contacte avec la vie de la société. Aux syndicats de négocier finement sans rejet idiot du mode de travail de demain mais en recherchant les points gagnant gagnant. http://jean.paul.job.free.fr