Le constructeur dirigé par Carlos Ghosn s'en sort mieux que son rival Peugeot Citroën, mais ce n'est pas la gloire. Ses profits ont fondu de 15% et son résultat d'exploitation a plongé de plus de 40%. Nissan et Volvo contribuent pour les 3/4 au bénéfice net.
C'est bien mieux que Peugeot Citroën, mais cela reste médiocre. De fait, les profits de Renault ont fondu de 15% l'an dernier à 2,87 milliards d'euros quand ceux de son rival national a chuté de 83%. Seulement, le groupe dirigé par Carlos Ghosn ne doit son salut qu'aux généreuses contributions de Nissan, dont il détient 44% du capital, et d'AB Volvo (20%), qui lui apportent toutes deux les trois quart de son bénéfice net : la première à hauteur de 1,87 milliard et la seconde, de 327 millions. Autrement dit, la marque Renault, elle-même, a dégagé un peu moins de 700 millions de profits.
Le résultat d'exploitation du constructeur français a en effet plongé de plus de 40%, exactement comme PSA. Et son chiffre d'affaires global s'est tassé de 0,8% à 41,5 milliards, en partie à cause de sa politique commerciale dite « sélective » d'allègement des flottes d'entreprises et de sociétés de location. A l'échelle mondiale, ses ventes ont chuté de 4,2%, en dépit d'une bonne progressions sur les marchés émergents.
Bref, une batterie de signes négatifs, qui incite le PDG à ne pas se disperser. En clair, à ne pas rechercher coûte que coûte aujourd'hui une alliance sur le marché américain. Exit donc les pourparlers avec les GM, Ford et autres DaimlerChrysler. Priorité à la performance propre de chaque entreprise, Renault et Nissan. Seule la marge opérationnelle constitue une demi-surprise, puisqu'elle ressort à 2,56%. Soit légèrement au-delà des dernières attentes. Elle se situe 0,5 point au-dessus de celle de Peugeot, mais presque 7 points en-deçà de celle du partenaire Nissan ! A Paris, l'action Renault reculait de 0,7% jeudi. Mais il est vrai que les revers du constructeur ont été allègrement anticipés dès la fin de la semaine dernière.
Quoi qu'il en soit, l'offensive est programmée pour le second semestre, au moment où le groupe amorcera le renouvellement tant attendu de sa gamme avec le lancement de la Laguna 3 et la montée en puissance de sa nouvelle Twingo, dont la sortie est fixée à la toute fin du printemps. En parallèle, sur les marchés en forte croissance, le groupe mise beaucoup sur sa Logan. Son modèle low-cost doit investir le Brésil, l'Iran et l'Inde dans quelques mois. Ce faisant, Carlos Ghosn espère ainsi boucler l'année sur une marge de 3%. Ce qui serait une première étape vers le seuil des 6% fixé pour la fin 2009, date butoir de son ambitieux plan de relance sur trois ans.

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