Six mois seulement après la fusion, Sanofi-Aventis affiche 5 milliards d'euros de bénéfices dans un marché pharmaceutique plutôt morose.
Six mois seulement après l’OPA mouvementée de Sanofi-Synthélabo sur son concurrent Aventis, le nouveau géant français de la pharmacie affiche des résultats prometteurs. Le bénéfice net atteint 5,2 milliards d'euros, en hausse de 17,9%. Et le chiffre d’affaires s'inscrit en hausse de 10% à 25,4 milliards d’euros. Sanofi-Aventis ferait ainsi mieux que la moyenne du marché en augmentation de 6 à 8% pour l'année 2004. Le premier groupe pharmaceutique européen et troisième mondial peut notament s’enorgueillir d'une croissance supérieure à ses deux pincipaux rivaux : l’américain Pfizer et le britannique GlaxoSmithKline.
Avec ces résultats supérieurs aux attentes des analystes, Jean-François Dehecq, le patron de Sanofi-Aventis, ne cachait pas sa satisfaction. « Nous avions promis une intégration rapide et un groupe en ordre de marche. Je le dis avec beaucoup d’admiration, après six mois de fusion, la recherche Sanofi-Aventis est en état de marche », s’est réjoui le Pdg lors de la présentation des résultats mardi. Jean-François Dehecq s'est par ailleurs félicité des économies réalisées grâce à la fusion. Soit 220 millions d'euros en 2004 contre 160 millions intitalement prévus. Et il a confirmé un objectif de 960 millions d’euros fin 2005 et de 1,6 milliard d’euros fin 2006. Cela étant le patron de Sanofi-Avantis est resté assez vague sur les conséquences sociales de ces synergies. Il a annoncé la fermeture de 4 des 5 sièges "corporate" et de 70 sièges locaux mais sans préciser l’impact sur les effectifs de l'entreprise qui compte 96.400 personnes.
Les bons résultats de la nouvelle entité tiennent sans doute en grande partie à ses 8 blockbusters, soit des produits faisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Les noms de ces pépites : Plavix, Lovenox, Taxotere ou Eloxatine. Des produits qui rapportent gros, à eux seuls les 15 meilleurs concourent à hauteur de 14,4 milliards d’euros, soit 56,5% du chiffre d’affaires et en progression de 17 % par rapport à 2003. Seule ombre au tableau, les procès entamés par des fabricants de génériques contre le Plavix, qui génère un chiffre d’affaire de 4 milliards d’euros et le Lovenox (2 milliards d’euros), dont les verdicts sont annoncés dans les mois qui viennent. Reste que même en cas de défaite, "Sanofi-Aventis devrait s’en relever", estime un analyste d'une maison de courtage. L'entreprise peut en effet compter sur l'un des portefeuilles en recherche développement les plus riches de la profession. Parmi les projets les plus attendus à court terme: l’Acomplia, un traitement combiné anti-obésité et anti-tabagique, et le Dronédarone, un médicament contre l’arythmie cardiaque, en phase d’étude avancée.
Pour cette année, Sanofi-Aventis table sur des résultats similaires à ceux de 2004 (soit un bénéfice net par action en hausse de 18,2%). Cela devrait satisfaire les actionnaires du groupe composés à 60% par des investisseurs institutionnels, dont environ 20 % d’Américains, 18 % de Français et 10% de Britanniques. La bourse a d'ailleurs réagi favorablement avec un titre en hausse de 1,82% à la clôture.

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