Résultat de discussions particulièrement âpres et serrées, le contrat de plan entre l'Etat et La Poste vient enfin d’être signé après une année d'attente. Les enjeux étaient d’importance puisqu’il s'agissait de donner les moyens à La Poste de se moderniser afin de faire face à la libération totale des services postaux effective en 2009. L’annonce par le gouvernement d’étendre la gamme des services financiers au seul crédit immobilier sans épargne préalable, dès 2005, est certes une avancée mais elle est de toute évidence insuffisante pour permettre à La Poste de faire face aux nombreux défis qui l’attendent. D’autant plus que la situation financière du groupe est délicate et ne lui permet pas de dégager du cash nécessaire pour répondre à ses besoins d’investissement.
Comme l’a souligné Jean-François Carrez, président de chambre à la Cour des comptes « Cette décision est positive mais beaucoup trop défensive. Le crédit immobilier n’étant pas une source de rentabilité, comme peut l’être le crédit à la consommation ». Une opinion partagée par le sénateur Gérard Larcher qui militait dans son rapport pour l’autorisation sans délai du crédit à la consommation comme « ballon d’oxygène indispensable, déterminant dans la construction de la relation bancaire avec la clientèle jeune ». Face au puissant lobbying des banques qui menaçaient de porter plainte auprès des institutions de Bruxelles pour concurrence non équitable, Matignon a préféré jouer la carte de l’apaisement.
Autre sujet d’inquiétude : la charge de retraite des personnels fonctionnaires. Dans ce domaine aucune décision n’a été prise. La Poste continuera donc a débourser chaque année plus de 2 milliards d’euros pour faire face à ses échéances. L’Etat continuant quant à lui à assurer, mais pour combien de temps encore, l’augmentation annuelle de 100 millions d’euros environ. Le paiement d’une soulte à l’Etat pour solder ce compte comme ce fut le cas pour France Télécom, pourrait être une solution, mais La Poste n’a pas les moyens financiers actuels de le faire. « Le contrat de plan aurait dû dans ce domaine prendre des décisions plutôt que de jouer la carte du statu quo» regrette un rapporteur de la Cour des comptes. Pour relever les défis de sa restructuration, La Poste n’a qu’une faible marge de manœuvre : s’endetter pour investir dans la modernisation de ses centres de tri et améliorer la rentabilité de ses différents métiers.

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