Le n°2 mondial des spiritueux se dit très intéressé par la marque suédoise, mais il n'est pas le seul. Les plus grands noms du secteur - Constellation Brands, Bacardi - le sont aussi. Le groupe V&S qui possède la vodka Absolut, serait estimé 4,3 milliards d'euros.
Elle les fait tous rêver : l'américain Constellation Brands, son compatriote Bacardi et maintenant le numéro deux du secteur, Pernod Ricard. La vodka Absolut, actuellement aux mains du suédois V&S (Vin et Spirit), suscite de fait l'appétit des plus grands noms du secteur. En marge de la présentation de ses résultats annuels, Patrick Ricard, le patron du géant français, a ainsi indiqué qu'il était intéressé par l'alcool « star » de V&S, lui qui courtise déjà une autre vodka, la marque Stolichnaya du groupe russe SPI. Il y a quelques jours, le PDG de Bacardi était sur la même longueur d'ondes dans un entretien au Financial Times. Pour l'heure, Absolut, dont le chiffre d'affaires a grimpé de 7% l'an dernier, n'est pas encore formellement en vente, mais le gouvernement de Stockholm a demandé au parlement l'autorisation de privatiser le groupe V&S, dont la valeur est estimée à environ 4,3 milliards d'euros. Il y a trois ans, Bacardi avait cassé sa tirelire – un peu plus de 2 milliards de dollars – pour s'offrir la marque américaine haut de gamme Grey Goose.
C'est que la vodka Absolut, numéro deux du marché à l'échelle planétaire avec 9 millions de caisses derrière sa rivale Smirnoff (Diageo), traduit bien d'une manière générale l'engouement planétaire pour cet alcool venu du froid. « Rien qu'en France, note pour LExpansion.com Séverin Barioz de la Fédération Française des Spiritueux (FFS), le marché de la vodka connaît une croissance d'environ 15% par an depuis trois ans, lié au grand retour du cocktail dans les bars, les boîtes et les lieux de fête. Or, cet alcool neutre est l'ingrédient de base idéal pour toutes les combinaisons. C'est le b-a-ba des barmen ». Avec 4% de parts de marché dans les spiritueux en France, la vodka reste bien sûr largement en retrait du whisky (38%) et des produits anisés (31%), les deux leaders du segment. Mais les lignes bougent très vite. « Le marché est encore loin d'être arrivé à maturité. On est encore dans une logique de prix, où les consommateurs arbitrent d'abord en fonction du tarif le moins élevé. Or, Absolut (12 à 13 euros l'unité), sans être la plus abordable, n'est pas non plus parmi les bouteilles les plus chères ». D'où l'intérêt par exemple pour un Pernod de s'en emparer.

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