
Le groupe français de vins et spiritueux manquait cruellement de vodka dans son portefeuille de marques mondiales. L’achat d’Absolut comble ce manque. Mais le prix offert – plus de 5 milliards d’euros – pour la pépite suédoise est jugé trop élevé par le marché. L’action plongeait de 4,3% lundi.
Manifestement, les marchés n’ont pas apprécié. Le titre Pernod Ricard dévissait de 4,3% lundi après que le groupe français eut annoncé avoir décroché au prix fort le gros lot, à savoir le groupe suédois Vin & Spirit (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires), l’heureux propriétaire de la vodka Absolut, la 2ème au monde sur son créneau. Montant de la transaction ? 5,62 milliards d’euros, dette incluse. Non que l’opération menée par le n°2 mondial des vins et spiritueux soit inopportune, mais juste trop chère. La somme versée correspond en effet à plus de 20 fois l’Ebita de la proie. C’est en tout cas l’avis des investisseurs, en dépit des 125 à 150 millions de synergies annuelles escomptées par la direction du groupe.
« La combinaison du prix et du montant de la dette levée rend apparemment nerveux certains investisseurs. (…) On est peut-être en haut de cycle en termes de multiples payés », déclare ainsi à Reuters Stephen Surpless, analyste chez Cantor Fitzgerald. « C’est une réaction épidermique, tempère cependant pour L’Expansion.com Séverin Barioz de la Fédération française des spiritueux (FFS). On savait que ça allait être onéreux après les premières estimations de plus de 4 milliards qui couraient depuis le printemps dernier. Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’une telle opportunité se produit sur ce marché ultra-concurrentiel ».
Quoi qu’il en soit, sur le plan financier, l’affaire est bordée via un crédit syndiqué de 12 milliards contracté auprès d’un pool bancaire d’envergure de six établissements comprenant aussi bien BNP Paribas et Société Générale que JPMorgan ou RBOS.
Sur le plan industriel, en revanche, le dossier "Absolut" fait complètement sens. Le groupe dirigé par Patrick Ricard met en effet la main sur une marque du top 5 mondial convoitée notamment par deux des trois autres grands noms du secteur, le groupe des Bermudes Bacardi et l’américain Fortune Brands, celui-là même qui distribue la vodka Absolut aux Etats-Unis depuis une décennie et qui était logiquement donné favori pour cette raison précise.
Le fait est que cet alcool blanc suédois haut de gamme est le 4ème spiritueux le plus consommé sur la planète avec ses 10,7 millions de caisses de 12 bouteilles, après la vodka rivale Smirnoff (groupe britannique Diageo), le rhum Bacardi du groupe éponyme, et le scotch Johnnie Walker (là encore propriété de Diageo). Mieux encore. Absolut est quasiment euphorique avec sa croissance de 9% l’an dernier.
Tout cela doit permettre au groupe septuagénaire jadis spécialisé dans le pastis d’étoffer son portefeuille déjà garni des whiskies Chivas (4,1 millions de caisses) et Ballantine’s (5,9 millions), du pastis Ricard (5,7 millions), du rhum Havana Club, du cognac Martell, du gin Beefeater ou encore du champagne Mumm et de la liqueur Malibu. De quoi aussi talonner l’adversaire Diageo, longtemps indéboulonnable n°1 des vins et spiritueux, lui-même issu de la fusion il y a dix ans entre Grand Met et Guinness, avec un total de 91 millions de caisses contre 93 millions pour le britannique. Grâce à sa nouvelle acquisition, qui englobe aussi le rhum Cruzan et une autre vodka Level – deux produits très dynamiques aux Etats-Unis –, Pernod pourra en effet revendiquer 27% de parts de marché sur le segment des spiritueux "premium", c’est-à-dire ceux vendus au-delà de 12 euros la bouteille. Sur ce créneau, Diageo doit se contenter de 24%.
Après ses raids sur une partie du canadien Seagram en 2001, puis sur le britannique Allied Domecq, l’ex-n°2, en 2005, Pernod Ricard confirme là son appétit pour les grosses opérations de croissance externe au rythme d’une tous les 3-4 ans. Cette fois, il s’agissait d’une vente aux enchères organisée par l’Etat suédois, qui entendait maximiser les profits de la privatisation de l’un de ses joyaux. Avec l’avantage que lui procure la parité euro/dollar, Pernod s’est montré le mieux-disant par rapport à ses concurrents nord-américains au point que le ministre des Marchés financiers suédois parle aujourd’hui d’une « très bonne affaire » pour le pays.
La vodka vit actuellement une véritable explosion, quoique dans des volumes encore raisonnables. C’est un alcool qui affiche pas loin de 10% de croissance chaque année. Soit le triple voire le quadruple de celle du whisky selon l’institut ISWR. « Sans doute faut-il voir dans cet engouement la mode des cocktails dont la vodka, alcool neutre par excellence, est la star absolue en étant à l’origine de bon nombre de combinaisons. C’est le boisson festive par excellence dans les lieux branchés (bars, boîtes…) », souligne Séverin Barioz de la FFS. « C’est aussi une manière pour les 18-30 de se démarquer de la précédente génération qui ne jurait que par le whisky. Pour eux, c’est un produit "neuf" qui véhicule de surcroît une image plutôt chic » analyse pour L’Expansion.com Hervé Henrotte, chef de projet chez Ubifrance, l’ex-CFCE. Or, jusque là, Pernod était faible sur ce segment dixit François-Xavier Archambault, analyste au CM-CIC.

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Il a bien fait de prendre la vodka c est mon apéritif préférè alors d ou mon contentement mais meme si c est un peu cher il fallait bien y arriver a prendre pied dans cette boisson ce n est pas du luxe d avoir de la vodka tout les jours éspèrons que les prix de cette fameuse boisson vont baisser cela permettra de noyer notre chagrin des taxes a répétition que l ont nous annoncent presquue tous lesjours.
Sans doute un peu cher mais le groupe a démontré so savoir faire lors des deux opérations qui ont permis d'absorber dans les années récentes deux très grosses proies.