La filiale d'annuaires de France Télécom a lancé un avertissement sur ses résultats 2006, du fait des difficultés rencontrées avec son 118 008. Le tout alors que l'opérateur télécom voit les prétendants à la reprise de Pages Jaunes se désister les uns après les autres.
L’éditeur historique du bottin a déçu vendredi au vu de la présentation de ses résultats semestriels mitigés. Car, en dépit d’une croissance de 9,5% de ses profits (131,5 millions) et d’une autre, de 6,4% de son chiffre d’affaires (512 millions d’euros) portée par les imprimés (+3,7%) et les services en ligne (+8,9%), le groupe Pages Jaunes a été contraint malgré tout de lancer un avertissement sur son chiffre d'affaires et sa marge brute opérationnelle pour l’ensemble de l’exercice : le premier restera cantonné à une hausse de 6,5% sur l’année au lieu des 6,5% à 8,5% escomptés ; la seconde, elle, est tout simplement revue à la baisse, vraisemblablement aux alentours de 5% et non plus de 7%, le haut de la fourchette initiale. Conséquence immédiate : l’action de l’éditeur d’annuaires dérapait de près de 3,4% à Paris ; ce qui porte désormais à 8,3% son recul sur la semaine.
En fait, le groupe prospère sur son pôle internet, dont le chiffre d'affaires a grimpé de 20% à 133 millions d'euros. Pagesjaunes.fr a ainsi battu un nouveau record d'audience avec 64 millions de visites en juin dernier. Et le nombre d'annonceurs en ligne a suivi, lui aussi, une courbe ascendante prononcée. Par contre, le groupe dirigé par Michel Datchary pâtit sur ses fondamentaux. Et la filiale à 54% de France Télécom d’admettre « l’affaissement des volumes d’appels sur le marché des renseignements » conjugué à l’envolée des « dépenses de publicités » liées au grand basculement dans la foulée de la disparition du 12. Selon le pointage effectué par le directeur général de Pages Jaunes, les appels du nouveau 118 008 ont même sombré de 30 à 45% par rapport à 2004, qui reste la référence en matière de renseignements téléphoniques, une époque où le groupe était encore en situation de monopole. Logique, somme toute, quand on sait qu’après le Big Bang du secteur, on recense pas moins de 28 numéros ad hoc, où chaque nouvel entrant cherche évidemment à imposer sa marque à grands coups de plans médias. France Télécom par exemple a consacré 80% de son budget publicitaire pour imposer son nouveau numéro (45 millions d'euros), alors que le business de ce dernier ne représente qu’1% de son chiffre d’affaires. Cette profusion a semble-t-il eu aussi un effet globalement dissuasif sur les « clients », puisque d’après les premières estimations, 30% des particuliers auraient renoncé purement et simplement à appeler les renseignements. L’Arcep dévoilera ses premières audiences du segment à l’automne.
Ceci étant, le plus gros souci actuel pour France Télécom tient aux vicissitudes qu’il rencontre pour céder sa filiale. Les retraits successifs de deux candidats, Vivendi et du consortium emmené par Eurazeo, ne laissent pas d’inquiéter. D’autant que ceux-ci succédaient déjà aux renoncements de BC Partners, PAI Partners et AXA Private Equity. Les deux derniers candidats à s’être rétractés ont invoqué l’un et l’autre un prix trop élevé, qui flirterait avec les 3,4 milliards d’euros. Au final, France Télécom ne pourrait plus compter que sur deux prétendants : le tandem KKR/ Goldman Sachs d’une part et Texas Pacific Group, d’autre part. Au point qu’un courtier d’Exane, confiait il y a peu « que le risque d’un échec de la vente augmente ».

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