
Rick Wagoner, le PDG du constructeur de General Motors, a démissionné dimanche à la demande du gouvernement de Barack Obama, qui doit dévoiler lundi son plan de sauvetage de l'industrie automobile des Etats-Unis.
Rick Wagoner, l'homme providentiel qui devait sauver General Motors (GM) lorsqu'il en a pris la tête en juin 2000, a finalement démissionné sur demande de la Maison Blanche.
Il a cédé sa place à Fritz Henderson, 50 ans, directeur de l'exploitation du groupe depuis 2008 et ancien directeur financier du groupe.
"L'administration présidentielle a explicitement demandé à M. Wagoner de quitter son poste et il a accepté", a déclaré à l'AFP un haut responsable à la Maison Blanche.
Sans s'étendre sur les raisons ayant poussé le gouvernement à demander la tête de M. Wagoner, il a indiqué qu'il serait "inexact" de considérer cette démission comme une contrepartie exigée en échange du versement d'une nouvelle aide de l'Etat au premier constructeur automobile américain.
Barack Obama s'apprête à dévoiler lundi son plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, concernant au premier chef GM et son concurrent Chrysler.
Le président américain a indiqué clairement dimanche que le gouvernement exigerait des restructurations plus fortes de la part de General Motors et Chrysler avant de leur accorder le moindre prêt gouvernemental supplémentaire.
Parlant sur la télévision CBS, il a déclaré que les deux groupes n'en avaient "pas encore fait assez" en terme de restructuration, malgré tous les "efforts sérieux" entrepris par les constructeurs de Détroit, la ville du Nord des Etats-Unis symbole de l'industrie automobile nationale.

Reuters/Jason Reed
Rick Wagoner, P-DG de General Motors, a démissionné dimanche à la demande de l'administration Obama.
A la tête de GM depuis juin 2000, M. Wagoner, qui était apparu comme un homme providentiel au début de son mandat, est pour beaucoup le symbole d'une direction qui n'est pas parvenue à adapter le groupe à la réalité de son époque, et notamment aux attentes d'Américains de plus en plus demandeurs de voiture plus petites et moins gourmandes en carburant.
Les syndicats, qui lui ont mené la vie dure pendant des années, avaient commencé à trouver en lui un allié ces derniers mois, quand ils étaient venus plaider ensemble à Washington pour que l'Etat vienne au secours du groupe.
M. Wagoner avait déclaré il y a quelques jours ne pas se sentir menacé par les projets du gouvernement.
Ancien joueur de basket-ball, mesurant un mètre quatre-vingt-dix, M. Wagoner, âgé de 56 ans, est apparu pourtant comme fragilisé à la tête de GM à plusieurs reprises au cours des dernières années. En mars 2006, face à une fronde de son conseil d'administration, il n'avait sauvé sa tête qu'en menaçant de démissionner immédiatement, ce qui aurait laissé le groupe sans patron alors que l'on parlait déjà de sa faillite éventuelle.
Trois ans plus tard, GM a abandonné sa place de premier constructeur mondial au japonais Toyota, et accumule les pertes (31 milliards de dollars en 2008, 86 milliards depuis 2005). En février, ses ventes aux Etats-Unis ont plongé de 52,9% en glissement annuel, faisant de ce mois le pire mois de février pour GM depuis 1962 en nombre de véhicules vendus.
Au bord de la faillite, GM et Chrysler ont été secourus par le gouvernement américain en décembre. Depuis cette date, GM a reçu 13,4 milliards de dollars sous forme de prêts du gouvernement. Mais cela s'avère encore insuffisant, et le groupe demande encore à l'Etat 16,6 milliards supplémentaires pour pouvoir survivre.


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