NRJ a confirmé son intérêt pour une licence d'opérateur mobile virtuel (MVNO) mais doit convaincre Orange, SFR ou Bouygues Télécom de lui louer leur réseau. Or la puissance marketing de la première radio française est sans commune mesure avec celle des trois MVNO déjà installés.
Nouvelle diversification en vue pour NRJ. En piste pour occuper fin mars, l’un des quinze canaux de la télévision numérique terrestre, le groupe de communication a confirmé son intérêt pour la téléphonie mobile. « Des discussions sont actuellement menées pour obtenir une licence d’opérateur mobile virtuel (MVNO) » explique dans un communiqué NRJ qui ajoute qu’en « l’état actuel de ces discussions, toute communication plus détaillée serait prématurée ». Pour l’heure, la présence de NRJ sur le secteur mobile est discrète et limitée au téléchargement de sonneries, de fonds d’écran et à l’animation d’un NRJ Hit Store sur le portail Vodafone. Comme sur la TNT, où elle affirme son ambition de ne pas être « un petit acteur », la radio veut exploiter la puissance de sa marque, soutenue par 6,5 millions d’auditeurs, pour se hisser aux côtés d’Orange, SFR ou Bouygues. A la clôture, le titre prenait 5,63%, à 18,40 euros en réaction à cette annonce.
Pourtant, dans un premier temps, il s’agira plutôt de ne pas afficher trop haut ses ambitions. Car c’est auprès de ces trois « opérateurs hôtes » que la radio devra obtenir une licence d’opérateur virtuel et acheter des minutes en gros. Dans son analyse des marchés mobiles, l’Autorité de régulation des communications pointait le 17 décembre dernier les barrières érigées par Orange, SFR et Bouygues à l’obtention d’une licence MVNO, tous trois partageant « le même intérêt à ne pas conclure de partenariat avec des opérateurs virtuels pouvant les concurrencer significativement sur le marché de détail, notamment sur les prix des prestations phares que sont la voix et les SMS ». En Angleterre, souligne l’ART, c’est T-Mobile, le dernier entré, qui a consenti à accorder une licence au puissant Virgin Mobile. Le 4 février, au terme d’une consultation publique, l’ART devrait préciser ses mesures pour favoriser la concurrence sur ce marché.
Pour l'heure, des trois opérateurs mobiles virtuels qui ont pu voir le jour jusqu’à présent en France, aucun ne dispose de la puissance marketing de NRJ. Depuis 2001, Transatel occupe le réseau de Bouygues Télécom sur le marché de niche des appels transfrontaliers entre la France et la Belgique. En juin 2004, Debitel, sur le réseau SFR, a lancé une offre commerciale ciblant les jeunes utilisateurs. L’opérateur table sur 100.000 clients fin 2005, soit 0,2% du marché et 5% des nouvelles connexions et ne communique pas ses chiffres avant juin. Même objectif de 100.000 clients pour Breizh Mobile, dernier MVNO arrivé. La filiale de The Phone House occupe depuis juillet 2004 le réseau d’Orange sur les cinq départements bretons et compte aujourd’hui 10.000 clients. Outre NRJ, Cegetel (via SFR), Club-Internet, Tele2 et neuf telecom ont également confirmé leur intérêt pour le MVNO.

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