Le 3ème constructeur japonais prévoit une chute de ses bénéfices pour l'exercice en cours. Le groupe dirigé par Carlos Ghosn a donc dévoilé son plan d'action à l'horizon 2012 avec l'ambition de s'imposer dans les voitures « vertes », notamment électriques.
Il y a quinze mois, le champion Nissan, qui venait d’aligner six bénéfices nets annuels record, était brutalement redescendu sur terre en lançant son premier avertissement sur profits depuis 1999. On parlait alors en interne de « crise de performance ». Cela étant, l’exercice 2006/2007, bien qu’en léger recul par rapport au précédent, était resté plus que correct. Et le groupe nippon avait même enchaîné l’année suivante, entre mars 2007 et mars 2008, par une énième année faste, avec 2,9 milliards d’euros de profits (+4,7%) et 3,77 millions de véhicules écoulés dans le monde. Un record pour lui.
Aujourd’hui, le 3ème constructeur japonais tire à nouveau la sonnette d’alarme. Mais cette fois, les craintes semblent davantage fondées. Son résultat d’exploitation a d’ailleurs fléchi de 14% sur les trois derniers mois. Le groupe dirigé par Carlos Ghosn depuis une petite décennie pense réellement avoir mangé son pain blanc. En fait, à l’instar de ses compatriotes et concurrents Toyota et Honda, Nissan souffre d’un triple handicap : la faiblesse structurelle du dollar, le renchérissement des matières premières (dont l’acier et le platine) et l’effondrement de la demande de 4x4 sur le marché nord-américain. Cette dernière du reste est tellement atone que le groupe a été contraint de réduire les cadences de production dans deux de ses usines aux Etats-Unis. Son modèle phare de la catégorie, le Titan, ne se vend plus ou presque.
Du coup, dans ce contexte déprimé, le partenaire de Renault s’attend à vivre un exercice 2008/2009 délicat. Il table ainsi sur un plongeon d’un tiers de ses bénéfices et autant de son résultat d’exploitation. Toyota, lui, a pronostiqué la semaine dernière un recul de 27% de son résultat net. Le premier en neuf ans. Pour Honda, la facture devrait se solder par un repli de 18%.
Mais il faut aussi relativiser cet accès de faiblesse chez Nissan. Car sa marge opérationnelle de 7,3% (sur l’exercice 2007/2008) pour un généraliste lui octroie toujours une avance considérable par rapport à ses rivaux, notamment français, qui ne dépassent pas les 4%. Le constructeur japonais a en tout cas dévoilé son nouveau plan stratégique sur cinq ans (le quatrième de l’ère Ghosn), baptisé GT 2012. Son ambition ? Une hausse moyenne annuelle de 5% de son chiffre d’affaires, un renouvellement soutenu de sa gamme avec pas moins de 60 nouveaux modèles. Et surtout le leadership mondial dans la catégorie des voitures propres. Pour ce faire, il prévoit de commercialiser un véhicule tout électrique au Japon et aux Etats-Unis dès 2010, puis dans le reste du monde deux ans plus tard.

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