Restructuration

Michelin : la direction lâche du lest à Toul

 18/02/2008 17:55  - L'Expansion.com 
 

Les syndicats du groupe clermontois ont obtenu pour le site de Toul une prime de licenciement de 2400 euros par salarié alors qu’ils exigeaient initialement 3000 euros. A Paris, l’action Michelin s’offrait +4,4% lundi.

Les syndicats "maison" réclamaient un package de 3000 euros par année d’ancienneté assorti d’une somme plancher de 30.000 euros pour les salariés licenciés avec plus de 12 ans d’ancienneté sur le site de Toul. Finalement, la direction de Michelin consent à lâcher 2400 euros en sus des indemnités légales et s’engage à proposer à chaque personne concernée au moins deux postes dans l’une des seize usines françaises du groupe ainsi qu’un volant de mesures d’aide à la mobilité pour les conjoints.

Un geste qui clôt pour l’heure la violente crise survenue en Lorraine où le DRH et le directeur du personnel avaient été séquestrés durant trois jours par les grévistes de l’usine Kleber. « Le groupe, qui n’ouvre que difficilement son porte-monnaie, a fait un énorme pas » confiait ainsi Pierre Kovalski, responsable CGT et délégué syndical central.

Le géant mondial des pneumatiques, qui a annoncé la semaine dernière son intention de fermer l’an prochain son usine de Toul en Meurthe-et-Moselle (826 postes), ouvrira le 16 mars les négociations bipartites entre la direction et les syndicats pour fixer les modalités concrètes du dispositif. L’accord arraché par les grévistes devrait coûter entre 40 et 50 millions d’euros. Or, le groupe dirigé par Michel Rollier a provisionné à ce jour 130 millions pour la fermeture de l’usine, spécialisée dans les pneus de milieu de gamme, et aujourd’hui victime de la concurrence féroce infligée par les pays émergents. En attendant, le manufacturier clermontois espère un retour à la normal à Toul d’ici mercredi ou jeudi. A Paris, l’action Michelin grimpait de 4,4% lundi.

 
 
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Commentaires - (1)
julie 18/2/2008 Recommander 1

Je suis révoltée de la façon dont certains règlent leurs problèmes. Et révoltée qu'ils aient gain de cause. La semaine passée, des salariés inquiets de l'avenir de leur entreprise (filière de Michelin) se sont permis de séquestrer des cadres de ladite entreprise. Pour obtenir une meilleure indemnité de licenciement. Il y a à peine un mois, le président de la République lui-même est intervenu suite à une histoire similaire, pour garantir une porte de sortie aux salariés d'une autre usine. Mon patron est décédé le 28 août 2007. Depuis, la famille nous laisse dans l'attente, nous ne sommes toujours pas licenciés, ni payés (l'activité a cessé de par son décès), l'entreprise n'est toujours pas en liquidation. Ces gens se sont permis de déclarer à l'assistante sociale que les problèmes des ouvriers n'étaient pas leurs problèmes. Le tribunal des prud'hommes, saisi en référé, s'est déclaré incompétent. Notre dernier espoir consiste en la nomination d'un administrateur a hoc, mais pour le moment cela n'aboutit pas non plus. Il aurait suffi que ces gens, suite au décès de mon patron, nous licencient. Ils ont préféré nous laisser dans cette situation impossible, sans paye ni assedic. Tout en ne prenant aucune décision vis-à-vis de l'héritage, qu'ils n'ont actuellement ni accepté ni refusé, ce qui les tient hors de portée de toute action juridique. J'ai grandi pas très loin de ces banlieues que l'on dit difficiles. On m'a appris à respecter la loi, malgré tout. Aujourd'hui je me demande si en France ce n'est pas la loi du plus fort qui prévaut, et si nous aurions du séquestrer la mère de mon employeur, âgée de 83 ans, afin d'obtenir gain de cause... Quelle image de la justice cela donne-t-il?!!! J. Afoumado, (33)

 
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