Banca Intesa et San Paolo IMI, les numéros 2 et 3 du secteur bancaire italien, parleront union à compter de samedi. De quoi accélérer le mouvement de consolidation transalpin après les offensives menées dernièrement par BNP Paribas et ABN Amro.
Manger pour ne pas être mangé. L'antienne capitalistique s'applique toujours à merveille au secteur bancaire européen. Les grandes manœuvres reprennent en Italie après un printemps mouvementé, après que BNP se fut emparé de BNL et ABN Amro de Banca Antonveneta.
Banca Intesa et San Paolo Imi, respectivement numéros 2 et 3 de la péninsule, s'apprêtent donc à fusionner. Les deux établissements ont convenu aujourd'hui jeudi de réunir dans deux jours leurs conseils d'administration afin d'examiner les « différentes hypothèses » d'un rapprochement entre égaux, qui pèserait pas moins de 54 milliards d'euros. Initialement Banca Intesa avait approché un autre compatriote, le numéro quatre, Capitalia.
En cas de succès des négociations, les deux partenaires donneraient naissance à un véritable mastodonte en Italie : le numéro un du crédit et le numéro deux en termes d'actifs avec 536 milliards d'euros derrière Unicredito et ses 787 milliards. A Milan, les investisseurs semblaient se réjouir de l'imminence de l'opération : l'action Intesa bondissait de 7,5% tandis que le titre San Paolo Imi s'octroyait + 6,3%.
Sur le fond, une consolidation italo-italienne serait tout sauf une surprise tant la double percée étrangère menée par BNP Paribas et ABN Amro a révélé la faiblesse d'un système bancaire trop morcelé et trop apathique pour jouer dans la cour des grands. Pour preuve, les cinq premiers du secteur ne concentrent qu'à peine plus d'un tiers des actifs du pays, contre les deux tiers pour les cinq premiers en Grande-Bretagne et les quatre cinquième en France.
Unicredito, le champion « national » a toutefois déjà impulsé le mouvement en avalant le numéro deux allemand, HVB. Autant dire qu'une telle union aurait la bénédiction du pouvoir en place. Romano Prodi, le chef du gouvernement, a d'ores et déjà confié qu'il s'agissait là « d'un beau projet pour le système bancaire italien. (…) Cela aboutirait à avoir deux groupes d'ampleur internationale ».
Vue de France, l'affaire est loin de laisser indifférent. Car le premier actionnaire d'Intesa n'est autre que le Crédit Agricole, avec 17,8% du capital et le quart des représentants au conseil d'administration. Or, au vu de son poids en interne, la banque verte dispose d'une voix prépondérante lestée d'un droit de veto. A Paris, son action prenait jeudi 1,5%.

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