La presse révèle d'autres malversations; la justice a commencé les interrogatoires. La bourse de Tokyo s'est quelque peu reprise jeudi avant de stabiliser vendredi. Sur la semaine, l'indice Nikkeï a cependant plongé de 4,6%.
Scandale Livedoor, acte II. « L'Enron nippon » tant redouté est peut-être en voie d'émerger. La presse nippone révèle en effet vendredi que le portail internet qui faillit faire sauter la bourse de Tokyo il y a deux jours n'a pas encore livré tous ses secrets. En sus du lancement d'une OPE sur une firme déjà rachetée en sous-main via un fonds écran, d'autres malversations ont été découvertes. Les documents accablants saisis au siège de la société, notamment les mails, laisseraient apparaître un vaste trafic en tous genres.
Le groupe du jeune Takafumi Horié, 33 ans, aurait ainsi maquillé une perte en 2003/2004 afin de financer l'acquisition d'une équipe de baseball. De même, la maison-mère aurait répertorié des contrats factices entre filiales pour doper le chiffre d'affaires. La société aurait également engrangé indûment 57 millions d'euros en vendant au comptant des actions « maison » émises lors d'augmentations de capital et en principe destinées à des OPE. Le tout étant ensuite basculé dans la colonne « profits ». Enfin, d'après l'agence Kyodo, un des commissaires aux comptes de Livedoor oeuvrait parallèlement pour l'une des filiales du groupe.
Pour l'heure, seuls deux dirigeants de Livedoor, son vice-président et son directeur financier, ont été interrogés par le parquet de Tokyo, alors que Takafumi Horié n'a toujours pas été inquiété. Ceci étant, la procédure devrait s'accélérer croit savoir le quotidien Nikkeï, et l'emploi du temps de l'ex-golden boy de la nouvelle économie locale risque bien d'être largement consacré à la justice dans les jours à venir. Sans compter qu'un de ses proches a été retrouvé mort après s'être, semble-t-il, suicidé.
A Tokyo, l'indice Nikkeï clôturait vendredi à l'équilibre après s'être repris la veille (+2,31%). Mais, sur la semaine, la glissade se monte tout de même à 4,6%. L'action Livedoor, elle, plongeait dans les grandes profondeurs. Sa valeur a fondu de moitié en cinq séances. En conséquence de quoi, la première place financière d'Asie restera sous haute surveillance dans les jours à venir. Les opérations seront jusqu'à nouvel ordre toujours interrompues une demi heure plus tôt. La plate-forme tokyoïte redoute à nouveau une avalanche d'ordres de vente émanant des petits porteurs susceptible d'engorger les serveurs et donc de paralyser tout le système.

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