
Société Générale, BNP Paribas, Crédit agricole, les trois banques du CAC 40 offrent à leurs dirigeants de somptueuses retraites, dont le mode de calcul n'est pas totalement conforme au code éthique du Medef. Qu'elles affirment pourtant vouloir adopter...
Les banques françaises soignent les vieux jours de leurs dirigeants. Après l'affaire des retraites de la Société Générale, voici celles de BNP Paribas et du Crédit Agricole.
Comme l'a révélé LEXPRESS.fr en début de semaine, la première a provisionné 33 millions d'euros pour assurer les retraites de ses patrons, dites "surcomplémentaires". Parmi elles, celle de Daniel Bouton, qui percevra 730 000 euros par an.
De son côté, BNP Paribas a mis 28 millions d'euros de côté à cet effet. Son président, Michel Pébereau, pourrait toucher 800 000 euros annuels. Le Crédit Agricole n'a pas souhaité préciser le montant qui avait été provisionné. Son numéro un, René Carron, ne bénéficierait pas de retraite surcomplémentaire, mais son numéro deux, Georges Pauget, recevrait une pension de l'ordre de 780 000 euros, affirme la banque à LExpansion.com.
Tous ces millions provisionnés, qui pèsent sur les comptes déjà dégradés des banques, seront-ils du goût des actionnaires - en particulier des petits? Pas sûr. Les assemblées générales, qui vont s'ouvrir en mai, pourraient être houleuses.
Les banques devront expliquer, par exemple, pourquoi elles tardent tant à se mettre en conformité avec le code éthique AFEP/Medef, brandi par Laurence Parisot comme l'arme la plus efficace pour éviter les abus. Elles devraient le faire cette année. Il est temps. La façon dont sont calculées les retraites des dirigeants dans les banques françaises ne cadrent pas exactement avec ce texte, par ailleurs jugé insuffisant par le député UMP Philippe Houillon, rapporteur de la mission d'information sur la rémunération des dirigeants.
Le code éthique AFEP/Medef indique que "la période de référence prise en compte pour le calcul des prestations doit être de plusieurs années" - à titre de comparaison, elle est de 25 ans pour les salariés lambda du privé.
Pour Daniel Bouton, le calcul est basé sur la seule année 2007. Pour Michel Pébereau et Baudoin Prot, le duo à la tête de BNP Paribas, c'est deux ans: le document de référence de la banque précise que les pensions seront calculées, "sous réserve de leur présence dans le Groupe au moment de leur départ à la retraite, sur la base des rémunérations fixes et variables perçues en 1999 et 2000". Le Crédit Agricole calcule la retraite de Georges Pauget, son directeur général, sur trois années, avec un plafonnement. Reste à savoir si "trois" peut-être considéré comme "plusieurs"...
Au Medef, depuis soixante douze heures, personne n'est disponible pour fournir une réponse aux questions de LEXPRESS.fr.
La charte AFEP/Medef préconise également la fin du cumul du contrat de travail avec la fonction de mandataire social, qui permet de bénéficier à la fois des rémunérations importantes accordées aux mandataires sociaux en raison de leur prise de risque et de la protection du code du travail.
C'est déjà le cas pour les trois présidents - Daniel Bouton, Michel Pébereau et René Carron. Mais pas pour leurs directeurs généraux - Frédéric Oudéa, Baudoin Prot et Georges Pauget. Les trois banques du CAC 40 annoncent dans leurs rapports annuels qu'elles se mettront en règle et mettront fin aux contrats de travail de leurs DG. Pas sûr qu'ils en sortent perdants. La Société Générale, très généreuse, prévoit ainsi d'accorder à Frédéric Oudéa une indemnité de 300 000 euros par an, pour compenser"la perte du bénéfice du régime de retraite auquel il avait droit en tant que cadre salarié" de la banque... Ce qui portera son salaire fixe à 912 742 euros. Sollicité mardi sur ce sujet, le Medef n'avait toujours pas réagi vendredi soir.

Après le rappel de 8 millions de véhicules, Toyota vient de procéder à celui de 400.000 voitures hybrides. Une série noire pour le constructeur, qui a pourtant intérêt à jouer la carte de la prudence. L'explication de Bernard Jullien, directeur du Gerpisa.
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Il n'y a pas que dans les banques qu'existent les "retraites chapeau", lesquelles relèvent de régimes à prestations définies calculées en fonction du dernier salaire perçu ou en complément du total des retraites perçues par ailleurs. Rien à voir avec les "25 meilleurs PLAFONNES" du régime général, mais plus proches des pensions des salariés affiliés aux régimes spéciaux également fonction du dernier traitement .. mais bien sûr plus modestes
La Révolution voulait l'abolition des privilèges, votée pendant la nuit du 4 août, qui me paraît le principe fondateur le plus important de notre démocratie. On découvre maintenant qu'une certaine caste de hauts fonctionnaires, mis à la tête de prstigieux établissements bancaires, pas toujours compétents, puisque, aveuglés par l'appât du gain et leur suffisance, ils se sont engagés dans des opérations risquées, qui ont contribué à ébranler l'économie mondiale. Leur établissement a reçu l'aide de l'état et ils s'arrogent, avec la complicité de CA complaisants des rémunérations disproportionnées, dignes ds seigneurs de l'Ancien Régime, pendant leur vie active et des retraites proprement indécentes, surtout de nos jours, quand ils n'ont rien d'autre à faire que toucher des jetons de présence et jouer au golf! Les écarts entre les revenus de base des employés de banque et ceux des dirigeants sont plus qu'excessifs. Comme disait le sapeur Camembert: quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites.