L'équipementier automobile a été placé ce matin en redressement judiciaire. Il a 6 mois pour trouver 45 millions d'euros et des partenaires financiers et industriels stables pour éviter de disparaître. Est-ce possible ? Listing des pistes éventuelles.
Depuis le début de la semaine tous les regards sont tournés vers Heuliez, la petite entreprise familiale devenue grosse, où un millier d'emplois sont mis en péril. Menacé de cessation de paiement, l'équipementier en procédure de sauvegarde depuis plus de deux ans vient à nouveau de frôler la mise en faillite.
Elle a été sauvée temporairement ce mercredi par le tribunal de commerce de Niort qui vient de prononcer le redressement judiciaire de la société. Les syndicats se sont déclarés rassurés par cette décision, mais l'entreprise n'a que 6 mois pour trouver 45 millions d'euros (ou 63 millions selon une information de L'Express) et des partenaires financiers et industriels stables. Le 15 octobre prochain Heuliez sera à nouveau convoqué par le tribunal et devra justifier d'un meilleur état de santé.
Dans un premier temps, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) s'est refusé à apporter une quelconque aide à l'équipementier, selon lui, le projet ne garantissait pas la pérennité de la société. Mais le gouvernement a cédé à la pression des salariés et de la direction. La semaine dernière, Luc Chatel a garanti que l'Etat apporterait son soutien au sauvetage de l'entreprise à hauteur de 10 millions d'euros. Ce sont les "perspectives industrielles intéressantes du véhicule électrique", l'un des projets développé par Heuliez, qui ont décidé le gouvernement. Mais c'est toujours l'incertitude pour savoir d'où sortiront ces 10 millions. Du FSI ? Rien n'est moins sûr. « Aujourd'hui nous n'avons aucune information supplémentaire concernant ces 10 millions. Il n'est d'ailleurs pas à exclure qu'ils servent à financer un plan social qu'Heuliez n'a pas les moyens de s'offrir », explique Michel Bourreau, délégué syndical CFE-CGC.
Quelques jours plus tard la Région Poitou-Charentes annonçait à son tour qu'elle contribuerait à la survie de l'entreprise par une enveloppe de 5 millions d'euros. "La Région s'est investie depuis longtemps dans le projet de l'automobile électrique. Aujourd'hui alors que l'existence d'un marché pour ces voitures ne fait plus aucun doute, ils nous a paru évident qu'il fallait aider financièrement Heuliez, l'entreprise la plus en pointe dans ce domaine", explique Jean-François Macaire vice-président du Conseil Régional de Poitou-Charentes.
Au total aujourd'hui 15 millions d'euros seraient d'ores et déjà assurés. La question de leur utilisation reste sans réponse...
Trouver 30 millions d'euros supplémentaires pour financer le projet de la voiture électrique. Depuis quelques jours le secrétaire d'Etat à l'industrie, Luc Chatel et la présidente de la Région, Ségolène Royal font la course à la meilleure proposition. Chacun s'efforce de trouver d'éventuels partenaires industriels capables d'apporter leur soutien financier. La semaine dernière Luc Chatel annonçait qu'EDF était prêt à engager un partenariat avec Heuliez pour développer le prototype de la voiture électrique. « Ca reste le flou le plus total. M.Chatel a assuré qu'EDF participerait à hauteur de 5 millions d'euros mais même la direction du groupe n'était pas au courant de cette information... » raconte Michel Bourreau.
Pour le reste des investisseurs potentiels, « deux noms circulent aujourd'hui dans l'entreprise: Renault et Bolloré. Pour Renault, c'est Ségolène Royal qui a annoncé hier être entrée en discussion avec le constructeur. Nous attendons donc des informations supplémentaires. Concernant Bolloré, ce dernier a d'abord refusé publiquement un éventuel partenariat dans l'état actuel des choses mais semble s'être rétracté», rapporte le délégué syndical. Pour Jean-François Macaire, ces deux constructeurs seraient en effet susceptibles d'être intéressés par la voiture électrique. "Avec la décision du juge de placer Heuliez en redressement judiciaire, la situation du repreneur est très différente. Dans ces conditions on peut imaginer trouver plus facilement des investisseurs" estime-t-il.
Mais la seule solution pour sauver l'équipementier sera peut-être de scinder ses 3 activités (de sous-traitant, bureau d'études et constructeur). Un scénario appréhendé par les salariés: « c'est ce que souhaite à tout prix le gouvernement : sauver l'entité véhicule électrique dont l'avenir a été expertisé à plusieurs reprises, et liquider le reste.», estime Michel Bourreau.
A plus court terme les salariés devraient être fixés ce jeudi sur leur sort : « Aujourd'hui deux possibilités s'ouvrent à l'administrateur judiciaire, il peut décider de poursuivre le chômage partiel ou d'arrêter les pertes en réduisant immédiatement les effectifs », explique Michel Bourreau. Soulagés par la décision du tribunal de commerce, les salariés restent méfiants : « nous espérons seulement ne pas être la proie d'actions de communications politiques inefficaces », conclut le délégué syndical.

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Cette affaire c'est un peu la bouteille à l encre.; On ne sait pas ce qui passe entre MR SARKOZY et MME ROYAL on a l impression d assister à une course a l échalote car les uns disent blanc les autres noir on est pas sorti de l auberge avec cette affaire de famille aussi je pense qu il serait peut etre bon de carrément la nationaliser pour quelques temps et si elle fait des profits de pouvoir trouver des gens qui pourraient etre intéressés par ce produit et a ce moment la voir avec les futurs investisseurs comment sortir de ce bourbier car la nous avons affaire à une vraie affaire politique et qui sera commentée quand le moment sera venu de faire la part des choses entre les deux protagonistes politiques.
Les salariés pourraient envisager de racheter leur entreprise sous la forme d'une SCOP et seraient ainsi leur propres actionnaires et donc patron maitre de leur destin - au lieu de pleurnicher ! merci et bonne journée.