En cas de succès, le tandem formera le n°2 bancaire en Europe derrière HSBC, avec près de 117 milliards d'euros en bourse. Les actions des deux établissements grimpaient fortement mardi. Les investisseurs parient aussi sur l'amorce d'un mouvement de consolidation transfrontalier.
Barclays et ABN Amro discutent fusion, la bourse applaudit. Au lendemain de l'officialisation de leurs « négociations préliminaires exclusives », les banques britannique et néerlandaise s'offraient ainsi une double envolée : la première grimpait de plus de 4% à la City tandis que la seconde gagnait 3,5% à Amsterdam.
C'est que la perspective d'une union entre les 9ème et 14ème établissements européens en terme de capitalisation suffit à affoler les marchés au vu de la puissance présumée de la nouvelle entité qui pourrait émerger. Pesant quelque 117 milliards d'euros en bourse, le duo Barclays/ABN Amro se hisserait d'emblée sur le podium continental, juste derrière l'intouchable HSBC (150 milliards) mais loin devant le numéro 3, le suisse UBS (92 milliards). L'ensemble intègrerait aussi le top 5 mondial, avec pas moins de 47 millions de clients et 220.000 salariés dans plus de 50 pays.
Il s'agirait là de la plus grosse fusion bancaire transfrontalière jamais réalisée en Europe. A l'évidence, les deux partenaires potentiels semblent plutôt complémentaires. Autrement dit, leur mariage aurait un sens stratégique. C'est d'ailleurs pour cela que les deux groupes avaient déjà tenté, mais en vain, de s'allier il y a deux ans. Barclays, numéro trois outre-Manche mais de plus en plus tourné vers l'international, est très présent en Asie-Pacifique. Or son partenaire néerlandais y dispose, lui aussi, de positions encore plus intéressantes dans la banque d'investissement. Et puis ABN Amro n'est-elle pas solidement implantée dans quatre marchés forts : les Etats-Unis, le Brésil, l'Italie et bien sûr, les Pays-Bas ?
Maintenant, en coulisses, l'affaire est des plus complexes. Car le hedge-fund TCI, qui détient environ 1% d'ABN Amro, entend bien spéculer sur ce vent porteur de consolidation bancaire. Celui-ci considère en fait que le rachat de la banque italienne Antonveneta l'an dernier a plombé les finances du groupe batave et que ce dernier maîtrise mal l'inflation de ses coûts. Le mois dernier, TCI avait donc écrit à la direction d'ABN Amro pour exiger un démantèlement de ses activités sinon une cession globale afin de compenser la faiblesse de l'action du numéro un néerlandais. Aussi appelle-t-il de ses vœux à présent d'autres groupes à se lancer dans une surenchère. Capitalia ? Santander ? RBS ? Voire BNP Paribas ou Société Générale ? Pour l'heure, aucun de ces prétendants supposés ou non ne s'est déclaré. Mais tout reste ouvert. Jusque là, les opérations transfrontalières n'ont concerné que des « proies » de seconde catégorie. On se souvient dernièrement de BNP Paribas et de l'italienne BNL ou justement d'ABN Amro et d'Antonveneta ou encore d'Unicredit et de l'allemande HVB.

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