Les transporteurs du ciel explorent toutes les pistes possibles pour profiter du re-décollage du trafic. Pour compenser l'envolée de leur facture carburant, les compagnies comptent économiser 3,5 milliards de dollars par an en généralisant le billet électronique d'ici 2007
Sonnées par une concurrence de plus en plus impitoyable, étranglées par une facture de kérosène qui ne cesse de s'alourdir (26% de leurs coûts cette année contre 22% en 2005), les compagnies aériennes peinent à profiter du re-décollage du trafic, alors même que le taux de remplissage de leurs appareils n'a jamais été aussi élevé depuis une décennie. Aussi cherchent-elles en priorité à se dégager de nouvelles marges, faute de pouvoir alléger leurs charges d'exploitation plombées par l'or noir et d'augmenter indéfiniment les surtaxes carburant, qui risquent de décourager les clients. Comment? En remplaçant progressivement tous les billets « papier » par des billets électroniques. Aujourd'hui, près d'un billet sur deux est déjà délivré sous forme électronique, selon IATA, l'Association internationale du transport aérien qui représente 94% du trafic international. Et l'Association de viser l'objectif d'une proportion de 3 sur 4 à la fin de l'année, et même de 100% à la fin 2007. A cette date, les transporteurs récalcitrants, qui n'auraient pas délaissé leur système « papier », se verront infliger une amende.
A vrai dire, le sésame « électronique » est un coupon virtuel qui permet au voyageur de se présenter à l'enregistrement muni de ses seules cartes d'identité et de paiement. De quoi surtout faire économiser la bagatelle de 3,5 milliards de dollars par an à l'ensemble du secteur qui, rappelons-le, devrait encore perdre 3 milliards cette année, autant que la saison précédente. Logique, dès lors que le coût de revient d'un billet électronique n'est que de 1 dollar contre 10 pour sa version traditionnelle.
Basculer du « papier » à l'électronique permet donc de tailler dans les coûts à bon compte, même si certaines compagnies en profitent du coup pour supprimer des postes de commerciaux dans la foulée. Moins de papier, donc moins de personnel aux comptoirs, l'équation semble inéluctable. Ce fut le cas par exemple dernièrement chez British Airways (-400 emplois). Ce le sera prochainement chez Iberia. On remplace en effet de plus en plus les agents au sol par des bornes d'enregistrement en libre-service. De quoi faire dire au directeur général d'IATA, Giovanni Bisignani : « Depuis 2001, nos coûts de ventes et de distribution ont baissé de 10% et nos coûts totaux hors carburant ont reculé de 13%. Nous sommes en voie de devenir une industrie low cost ».

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