Après la Communauté européenne en mars dernier, l'administration américaine a approuvé mardi la commercialisation aux Etats-Unis d'un second produit destinée à lutter contre les troubles de l’érection. Elle met ainsi un terme à la situation de monopole dont jouissait jusqu’à présent la petite pilule bleue des laboratoires Pfizer. Baptisé Levitra, ce nouveau remède miracle a été développé en commun par les groupes pharmaceutiques Bayer et GlaxoSmithKline (GSK) et circule déjà dans une cinquantaine de pays, notamment en Europe et en Amérique Latine.
Son originalité réside davantage dans sa couleur, orange, que dans son procédé de fabrication. Les deux médicaments sont dérivés de la même famille d’enzymes et aucune étude comparative n'a été publiée pour déterminer leur efficacité. Comme le Viagra, le Levitra est déconseillé aux hommes souffrant de difficultés cardiaques. Comme le Viagra il ne sera délivré que sur ordonnance. Enfin, à l'instar du Viagra, qui réalisait 1,74 milliard de dollars de chiffre d’affaire l’an dernier, et comme l’affirme Werner Wenning, le patron de Bayer, «le Levitra a le potentiel pour devenir un nouveau blockbuster».
Toutes ces similitudes ont d’ailleurs le don d’agacer Pfizer. Bayer et GSK font l'objet d'une plainte aux Etats-Unis de la part du groupe pharmaceutique américain qui estime que seule une violation d'un brevet protégeant un composant du Viagra à rendu possible le développement du Levitra. Mais cette procédure ne suffit pas à tempérer la fougue des nouveaux arrivants selon lesquels le Levitra sera disponible dans les officines américaines dès les prochaines semaines. La concurrence s’annonce donc rude sur le juteux marché de l'impuissance masculine. Une troisième pilule, baptisée Cialis par les laboratoires Eli Lilly, s’apprête même à investir le marché américain d’ici la fin de l’année.

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