La première compagnie européenne voit son trafic passagers augmenter de 10% en avril. Et pourtant, le transporteur continue de surtaxer régulièrement ses clients pour compenser le renchérissement des prix du kérosène.
Presque trois ans que cela dure : mois après mois depuis l'été 2003, le trafic passagers d'Air France ne cesse d'augmenter. Aussi, fort logiquement, en avril, pour la 34ème fois consécutivement, la première compagnie européenne s'est-elle offerte une énième progression, de 10% cette fois. Sachant que le mois dernier, son offre s'est étoffée de 4,8%.
Dans le même temps, pourtant, le transporteur franco-néerlandais a annoncé qu'il allait alourdir pour la sixième fois en moins de deux ans sa surtaxe carburant, et ce précisément pour compenser l'envolée des cours du brut. Ce qui se répercutera derechef sur la valeur faciale du billet : +7 euros par vol long-courrier, soit une majoration nouvelle de 16% !
Autrement dit, d'un côté Air France dope son trafic en continu, de l'autre, la compagnie semi-publique persiste à « matraquer » ses clients. La raison de ce paradoxe apparent ? En fait, le groupe dirigé par Jean-Cyril Spinetta, à l'instar de bon nombre de ses concurrents traditionnels, tels Lufthansa (+3,2% en mars), Swiss ou British Airways (+9,8% en avril), profite à plein « de la dynamique actuelle des vols d'affaires sur les longues distances, comme le relève un analyste parisien de la valeur, qui elle-même est portée par la bonne tenue de la croissance mondiale. Or, on le sait, sur ce créneau des liaisons business, l'impact “kérosène” est moindre puisque son coût est absorbé par les entreprises. Sans compter que la surprime est aussi diluée par la distance ».
De fait, le numéro trois mondial du secteur derrière le tandem américain American/United Airlines se distingue notamment en Asie (+14,9%), en Afrique et au Moyen-Orient (+13,8%). Au final, Air France peut se targuer d'un coefficient d'occupation de ses sièges en hausse de pratiquement 4 points en un an, à 83,1%. Soit un taux record pour le groupe en avril; une performance plus courante chez les compagnies low-cost. Ce qui lui permet d'afficher une progression de 7,3% de son trafic entre le printemps 2005 et le printemps 2006.

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