
Goldman Sachs devrait distribuer les bonus les plus importants de son histoire cette année selon The Guardian. Malgré les discours et les projets de réforme du secteur financier, les banques d'investissement connaîtront-t-elles un nouvel âge d'or?
Les employés de Goldman Sachs à Londres ont reçu une bonne nouvelle la semaine dernière : ils peuvent s'attendre à la plus importante distribution de bonus de l'histoire de la banque ! Le quotidien britannique The Guardian rapporte que la banque américaine serait la grande gagnante de la course aux revenus dans un secteur où le chiffre d'affaires a baissé de 11% entre 2006 et 2008. Une banque qui, au mois d'avril, devait encore 10 milliards de dollars au gouvernement...
Mais derrière la championne , JP Morgan, Morgan Stanley, Barclays Capital, Credit Suisse et Deutsche Bank devraient aussi pouvoir se vanter de revenus confortables selon The Guardian. Au point que l'analyste Richard Bove prévoit même "un nouvel âge d'or pour les banques ".
La recette du succès ? D'abord, les banques d'investissement sont les intermédiaires incontournables lorsque gouvernements et entreprises émettent des obligations. Goldman s'attend notamment à ce que le gouvernement américain émette 3250 milliards de dettes en 2009, soit quatre fois plus qu'en 2008. Des opérations qui devraient lui rapporter quelques centaines de millions de profits.
Ensuite, l'absence de banques concurrentes, décimées par la crise, permet à celles qui ont "survécu" de facturer leurs services comme elles veulent. De fait, les géants tels que Citigroup, Merrill Lynch, UBS et Royal Bank of Scotland se sont quasiment effondrés, 40 banques américaines ont déjà fait faillite et, à en croire Richard Bove, un total de 150 à 200 banques devraient disparaître avant la fin de l'année.
Les banquiers et les traders qui rapportent beaucoup d'argent à leur groupe recevront donc de gros bonus. Mais, encore plus déconcertant, des banques encore fragiles, aidées, voire détenues par l'Etat, vont elles aussi distribuer des primes du même acabit.
"Il suffit que Goldman arrose son personnel de bonus généreux, pour que les autres banques prétendent que ces primes sont la norme du marché !", explique Polly Toynbee dans son éditorial.
Les banques se prémunissent ainsi contre "la fuite des talents". Bank Of America avait récemment annoncé qu'elle augmentait de 70% le salaire fixe de ses meilleurs banquiers.
Et le cas de RBS montre que le passé paraît déjà oublié. Son nouveau directeur Stephen Hester va recevoir un "paquet" qui pourrait aller jusqu'à 9,6 millions de livres. Rappelons que la banque britannique a reçu 20 milliards de livres de fonds publics, qu'elle est détenue à 70% par le gouvernement et qu'elle a supprimé 4500 postes.
Sur les 9,6 millions de livres du paquet de RBS, 2 millions sont des bonus et 6,4 sont conditionnés à la performance sur trois ans : si l'action double quasiment de valeur alors Stephen Hester touchera l'intégralité de cette somme. D'un côté, c'est une bonne nouvelle pour le contribuable aussi puisque l'Etat dégagera un profit en revendant ses actions. Mais comme par le passé, l'attribution du bonus dépend uniquement du cours de bourse. Que la banque prête plus ou moins aux particuliers et entreprises ne rentre pas dans l'équation. Pire, pour accroître ses profits et donc la valeur de ses actions, la banque n'a pas intérêt à prêter aux particuliers. Au contraire, elle préférera "emprunter à quasiment 0% aux petits déposants pour prêter, sans risque, au gouvernement à 4% ", explique Robert Peston dans son blog d'économie.
Serait-on en train de répéter les erreurs du passé? En liant son bonus à la valeur de l'action, le directeur de RBS sera, selon Roger Lawson du RBS Shareholders Action Group, "incité à prendre de gros risques".Précisément le type d'incitation qui a créé la bulle et le crash.
Quelques précautions ont été prises tout de même : les 2 millions de bonus sont attribués sous forme de titres et non de cash, et le comité de direction se réserve le droit de récupérer une partie du bonus s'il estime que le cours de l'action résulte d'une vague spéculative plutôt que du talent managerial de M. Hester.
Mais globalement, le système est représentatif de la traditionnelle culture des bonus de la City. A ce titre, la composition du nouvel organe chargé de superviser les banques renflouées au Royaume Uni est symptomatique : le UKFI est "rempli d'anciens directeurs de banques en faillite : Citigroup, Merrill Lynch, UBS, Crédit Suisse, fustige Polly Toynbee. Il ne comprend que deux membres issus du Trésor et pas un seul universitaire ou économiste indépendant.".
En somme, "le secteur financier en 2010 ressemblera au secteur financier de 2006 à un point qu'on aurait cru impossible il y a six mois", analyse James Kwak du blog The Baseline Scenario,


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Se prémunir de la "fuite des talents", mais bien sûr.... Des "talents" de ce genre, capables de transformer l'or de l'épargnant en feuilles mortes (pas en plomb, les cours des métaux sont hauts) et d'asphyxier l'économie réelle par le vent toxique échappé de leurs usines à gaz, j'en verrai bien la fuite accélérée par de bons coups de balai vers la case prison... Enfin, maintenant que l'on sait que tout ce petit monde et celui des gouvernements sortent du même moule, on ne sera pas surpris...
Honteux. Et ce sont encore "les petits" qui vont en faire les frais, à court ou moyen terme. Les riches seront encore plus riches, les pauvres finiront encore plus pauvre. De plus, créer une instance de controle ne comportant quasiment que des représentants des "institutions à controler", c'est se moquer du monde. C'est comme donner les clef d'un confiserie à une classe d'enfants de 7 ans en leur interdisant de se servir...