Le Rafale en passe de s'exporter enfin

L'Expansion.com -  07/09/2009 18:06:00 
Reuters / Pascal Rossignol
Vol d'essai d'un avion Rafale lors du salon du Bourget, juin 2009.
 

Le Brésil va négocier l'acquisition de 36 Rafale. Cela pourrait déboucher sur la première vente à l'exportation de l'avion construit par Dassault. En échange la France acheterait une dizaine d'avions de transport militaires brésiliens.

Le Brésil a annoncé lundi sa décision de principe d'acquérir 36 avions de combat français Rafale, une première pour cet avion encore jamais exporté. Des négociations en ce sens vont commencer, selon une déclaration commune franco-brésilienne. De son côté, la France pourrait acheter une dizaine d'avions de transport militaires brésiliens, le futur avion KC-390.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a fait part de la décision du Brésil d'acquérir les avions français à son homologue français Nicolas Sarkozy qui effectue une visite d'Etat de 24 heures à Brasilia, en raison de "l'étendue des transferts de technologie" consentis par la France. En effet, seuls les six premiers appareils seraient construits entièrement dans l'hexagone. La technologie serait transférée pour permettre aux Brésiliens d'assembler les autres avions et même d'en vendre dans les autres pays d'Amérique latine.

Une issue positive des négociations, que la France espère conclure en 2010, sanctionnerait la première vente à l'exportation de l'avion construit par Dassault. Le contrat a été estimé par l'Elysée à "5 milliards d'euros au minimum".

Le Rafale est engagé dans une compétition acharnée avec le Gripen du suédois Saab et le F/A-18 Hornet de l'Américain Boeing pour remporter l'appel d'offres lancé par le Brésil et dont le vainqueur ne devait être annoncé qu'en octobre. En réponse à une question lors d'une la conférence de presse, le président brésilien n'a toutefois pas explicitement rejeté les offres des concurrents suédois et américain du Rafale.

Lancés en 1978, les avant-projets ont abouti au premier vol d'un "démonstrateur expérimental" en 1986 et d'un premier prototype en 1991. Le premier avion de série destiné à l'armée de l'air est sorti des usines en décembre 1998. Depuis, aucun pays étranger n'a acquis cet appareil. Des négociations sont toutefois en cours pour vendre une soixantaine d'exemplaires aux Emirats arabes unis.

La France doit pour sa part s'équiper de 294 Rafale (dont 60 pour la marine) dont 120 appareils ont été commandés, dont près de 80 ont été livrés à ce jour à l'armée de l'air et à la marine. Celle-ci est équipée depuis juin 2004 et la première unité opérationnelle de l'armée de l'air a été constituée le 27 juin 2006.

Le prix de série de chaque appareil est évalué à 50 millions d'euros environ (pour les avions vendus aux armées françaises). Le coût budgétaire de chaque avion (développement, industrialisation, production en série et soutien après vente) pour l'Etat français s'élève à 96 millions d'euros (sur la base de 294 appareils).

Un premier contrat à l'étranger soulagerait Dassault Aviation

Si elle se réalisait, l'opération brésilienne serait une bouffée d'air pour Dassault Aviation, qui réalise plus 70% de son chiffre d'affaires avec ses avions d'affaires Falcon et qui est durement touché par les difficultés qui frappent le secteur. Les fabricants de jets d'affaires font les frais des économies décidées par les entreprises confrontées à la crise, qui renoncent ou diffèrent des achats parfois perçus comme un luxe inutile.

Au premier semestre, les annulations de commandes, du Falcon en particulier, ont été supérieures aux prises de commandes pour un solde de -1,13 milliard, selon le groupe, qui a décidé des mesures de chômage partiel dans ses usines. La ligne d'assemblage de Mérignac (Gironde), consacrée aussi bien aux avions civils que militaires, est ainsi loin de tourner à plein régime.

Une commande brésilienne représenterait aussi une bonne nouvelle pour les industriels français embarqués à bord de l'avion de combat. Le groupe Thales, dont Dassault détient près de 26%, fournit en particulier de nombreux équipements électroniques du Rafale, qui représentent de 25 à 30% de sa valeur. Snecma (groupe Safran) construit pour sa part les moteurs, tandis que le missilier européen MBDA aurait de bonnes chances de vendre ses armements pour équiper le Rafale. Un contrat signifierait aussi une charge de travail bienvenue pour les sous-traitants, mis à mal par la crise dans l'aéronautique et l'automobile.

 
 
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Commentaires - (2)
le rochelais 7/9/2009 Recommander 2

gros bémol, concernant ces exportations, les rafales seront vendus en produits semi-ouvrés, l'assemblage s'effectuera au Brésil, du chiffre d'affaires de valeur ajoutée française qui échappe à nos salariés; merci une fois de plus à la mondialisation; en revanche les achats d'avions cargo-militaires seront 100% brésiliens. Une bonne affaire pour la Famille Industrielle Dassault-Aviation et sa fratrie politique.

mgtd37 7/9/2009 Recommander 1

Pourquoi la presse se focalise-t-elle sur un hypothétique contrat de vente de Rafales alors que le contrat de vente des sous-marins de type Scorpene et du futur sous marin nucléaire d'attaque brésilien est pratiquement conclut et doit être signé lors de cette visite présidentielle? C'est vrai que les côtes sont tellement éloignées du microcosme parisien qu'on en oublie parfois que la France construit aussi des bateaux pou l'export. Pour plus de détails sur la vie maritime civile et militaire de notre pays je vous conseille de vous rendre à l'adresse suivante http://www.meretmarine.com/

 
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