Le secteur pourrait perdre 14 000 emplois en quatre ans. Les fournisseurs de pièces détachés subissent conjointement la pression de leurs clients, les constructeurs, et le renchérissement du coût des matières premières.
En France, à l'instar des constructeurs – leurs clients –, les équipementiers de l'automobile traversent une passe délicate, et ce particulièrement depuis un ou deux ans. Au point d'ailleurs que le délégué général de la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV) redoute à présent une nouvelle vague de restructurations massives parmi ses adhérents, avec à la clé des suppressions de postes. On parle à la FIEV de 5 000 emplois cette année et presque autant chaque année suivante jusqu'à l'horizon 2010. De sorte que les effectifs globaux de la filière pourraient être ramenés dans quatre ans à 110 000 contre 124 600 à la fin 2005. Soit une saignée de 14 000 postes.
Le risque évidemment étant que les « petits » du secteur, autres que les deux poids-lourds que sont Faurecia et Valeo, se retrouvent asphyxiés, alors qu'ils sont déjà étranglés par le renchérissement du coût des matières premières et la pression que leur infligent les constructeurs pour décrocher les prix les plus bas possibles. Hier mardi, le fournisseur Sanden Manufacturing Europe (SME) a ainsi rayé 150 postes de CDD et intérimaires. Avant lui, la semaine dernière, la société de pièces détachées Setforge avait fait de même avec 135 postes. Idem chez Heuliez, Mecaplast (98 salariés), Rencast (77), Visteon (130), CG Gomma, Timken, Cadence innovation ou bien FAB. Autant de sous-traitants en souffrance, notamment en Franche-Comté, le berceau de l'activité.
Chez les deux leaders, la situation n'est pas pour autant idyllique. Faurecia, la société dédiée de Peugeot Citroën n'a-t-elle pas elle aussi liquidé près de 1 100 postes l'an dernier à Sochaux avant d'en rajouter une centaine en 2007 ? Au final, la courbe des effectifs du secteur a ainsi épousé celle du déclin de l'activité en 2005 : -2% dans un cas et –3,4% dans l'autre (24 milliards). Du coup, pour survivre, certains sont tentés de se délocalisés dans les pays de l'Est, là où s'opère une montée en puissance des sites d'assemblage des constructeurs nationaux. C'est le cas en République tchèque, en Slovénie ou en Roumanie.

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