Le « low cost » au secours de votre pouvoir d'achat

Quentin Domart et Gilles Tanguy -  01/09/2005  - L'Expansion 
 

Fréquenter les enseignes à bas prix peut vous faire économiser un quart de votre budget. Enquête, exemples à l'appui, sur un phénomène en pleine expansion.

Pour Maxime, 30 ans, la traque des prix bas est devenue un vrai passe-temps. Ce gérant de portefeuille parisien téléphone moins cher en passant par un opérateur discompte, économise 20 % sur ses achats d'outils en fréquentant assidûment les discompteurs du bricolage et voyage moins cher grâce aux compagnies aériennes à bas coût (low cost).

Si Maxime se livre à cette chasse plus par amusement que par nécessité, des millions de Français profitent, eux, de l'émergence de ces offres pour regagner un peu de pouvoir d'achat. Efficace ? Plutôt ! Pour quantifier les écarts de prix entre ces nouveaux opérateurs et les commerçants traditionnels, L'Expansion a mené une enquête inédite, achetant le même panier de produits et de services (du matériel de bricolage, de la nourriture, des services bancaires, etc.) auprès de deux types de distributeurs. Le résultat est éloquent ! Quoique composé de façon identique ou très similaire, le panier low cost est moins cher de 24 %. Enquête sur les méthodes de cette nouvelle filière « petits prix ».

Quel que soit le secteur sur lequel interviennent les discompteurs, les recettes restent les mêmes. La première, la plus évidente, consiste tout simplement à réduire les coûts de distribution. C'est la voie choisie par les sites Internet de commerce en ligne de produits high-tech. Rue du commerce, par exemple, a écoulé pour 180 millions d'euros de marchandises en 2004 sans un seul magasin ! La société se contente d'un siège à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et d'un entrepôt logistique à Lyon, géré par son sous-traitant. Quand les vendeurs traditionnels comme Darty accumulent deux mois de stocks pour approvisionner leurs points de vente, une quinzaine de jours suffisent à ceux de Rue du commerce. Le site n'a pas besoin de grand monde pour tourner : 140 salariés. Du coup, le chiffre d'affaires par collaborateur est trois à quatre fois supérieur à celui des concurrents classiques. Autant de gains qui permettent à Rue du commerce de proposer, par exemple, un écran LCD moins cher de 30 %.

L'absence d'agence est aussi la principale source d'économie de la banque en ligne Axa Banque (ex-Banque directe). Selon l'enquête annuelle du comparateur Testé pour vous, un client moyen (hors packages) y dépensera 86,48 euros par an quand, pour exactement les mêmes services, la facture s'allonge de 8 euros à BNP Paribas, de 27 à la Société générale, de 31 au Crédit lyonnais et de 83 euros à la Barclays.

Autres idées astucieuses : le loueur de voitures Ucar a réduit ses immobilisations en installant les trois quarts de ses agences directement chez les concessionnaires automobiles, et les autres en périphérie, où loyers et places de parking sont moins onéreux. A la clef, des journées de location à 30 euros, contre 80 euros facturés par Avis.

La référence incontestée en matière de réduction des coûts reste Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise, qui a d'ailleurs popularisé l'expression low cost en Europe. Elle a d'abord diminué ses frais de commercialisation en vendant ses billets sur Internet. Puis réduit le temps d'escale de quarante à vingt-cinq minutes en choisissant des aéroports secondaires (Beauvais pour Paris, Stansted pour Londres, Bergame pour Milan). Elle a ensuite taillé dans ses frais de personnel en obligeant les hôtesses à faire le ménage, et enfin réalisé des économies d'échelle en n'achetant qu'un modèle d'avion (le Boeing 737-800).

Mais Ryanair a une autre martingale : le yield management, c'est-à-dire l'optimisation du remplissage de ses avions, deuxième règle essentielle des sociétés à bas coût. Elle est simple : plus vous réservez le billet à l'avance, moins il est cher. Ainsi, à la mi-août, si l'aller-retour Paris-Rome pour le week-end suivant se négociait à 765,12 euros pour deux, soit seulement 63 euros de moins qu'à Air France, le tarif pour un voyage à la fin octobre chutait à 225,12 euros, soit, cette fois-ci, 129 euros de moins que le prix de la compagnie nationale. Une souplesse qui permet à Ryanair d'occuper 84 % de ses sièges. En 2004, ce système a séduit 3 millions de passagers, mais également la plupart des grandes compagnies aériennes et la SNCF. Lancés fin 2004, les billets iDTGV sont vendus sur les lignes Paris-Marseille-Toulon et Paris-Nîmes-Montpellier à des tarifs qui démarrent à seulement 76 euros l'aller-retour pour un couple, soit près de 280 euros de réduction par rapport à un plein tarif réservé la veille. Mais, pour obtenir les meilleurs prix, il faut s'y prendre quatre mois à l'avance. Payables à la réservation, qui se fait exclusivement sur Internet, les billets sont non remboursables mais peuvent être échangés tant qu'ils n'ont pas été imprimés, à condition d'acquitter la différence entre le prix initial et celui disponible à ce moment-là. La SNCF a vendu 220 000 billets de ce type au premier semestre 2005.

 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
VEILLE STRATÉGIQUE
  • Start-up - 15h48 - L'Expansion.com

    Le covoiturage trace sa route sur le mobile

    Fort de 500.000 membres, le site Covoiturage.fr a lancé en décembre une application mobile, Comuto, déjà téléchargée 100.000 fois. Gros plan.

  • High Tech - 14h32 - L'Expansion.com

    Apple, marque la plus contrefaite sur PriceMinister

    La place de marché entre particuliers a publié le bilan de la contrefaçon sur ses sites en 2009. Si le nombre de comptes bloqués pour contrefaçon se stabilise, les cas visant les produits high-tech se multiplient, à commencer par Apple, tandis qu'apparaissent les premiers faux jouets.

  • Entreprises - 12/3/2010 - L'Expansion.com

    Vol Rio-Paris: le jugement qui pourrait coûter cher à Air France

    Un juge brésilien vient d'accorder plus d'un million de dollars d'indemnités à l'une des familles de victime du crash Rio-Paris. En France, un avocat demande à la justice française de s'aligner. De quoi faire exploser l'enveloppe prévue par Air France?

  • Entreprises - 12/3/2010 - L'Expansion.com

    IFRS, quatre lettres qui font peur aux PME

    L'autorité française des normes comptables donne vendredi son avis à Bruxelles sur la nouvelle version des normes IFRS PME. Nombre d'entreprises craignent son application. Explications.

  • High Tech - 11/3/2010 - L'Expansion.com

    Hadopi pourrait pousser les pirates à payer... pour pirater

    Avec la mise en œuvre de la loi Hadopi, les pirates vont devoir changer leurs habitudes. Mais pour les plus convaincus, il sera plus rentable de payer pour télécharger illégalement que de passer par les offres légales. Explications et conséquences...

  • High Tech - 10/3/2010 - L'Expansion.com

    Les ambitions du nouvel App Store de Google

    Encore une nouvelle boutique d'applications en ligne. Baptisée Google Apps Marketplace, elle doit permettre au moteur de recherche de s'installer sur le marché des logiciels d'entreprises.



publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires