La compagnie publique maritime changera de statut. Elle sera reprise par le fonds Butler. Opposés à toute privatisation, les grévistes ont durci le mouvement. Plusieurs incidents sont à déplorer autour du port de Marseille.
A l'issue de la réunion au sommet organisée par Christian Frémont, le préfet de la région PACA, les représentants du ministre des Transports et la direction de la Société nationale Corse Méditerranée ont validé lundi soir le projet de reprise de la compagnie par l'un des deux candidats encore en lice, en l'occurrence les fonds Walter Butler. Et ce pour 35 millions d'euros. L'Etat, lui, injectera une dernière fois 113 millions pour apurer le passé. Cette décision s'est immédiatement traduite par des réactions violentes de la part des marins grévistes. Ceux-ci, qui avaient prédit une "riposte musclée" en cas de cession de leur entreprise, ont obligé les forces de l'ordre à se déployer sur l'ensemble du territoire du port autonome de Marseille, à coups de gaz lacrymogènes.
La grève sauvage dure est orchestrée depuis près d'une semaine par la section CGT marins et à laquelle menace de se joindre depuis quelques jours le Syndicat des travailleurs corses (STC). Déjà, durant la réunion, plusieurs centaines de salariés du transporteur maritime continuaient du reste de scander leur hostilité au processus de privatisation.
Car la SNCM, au bord du dépôt de bilan au regard de ses 30 millions d'euros de déficit, de ses 150 à 200 millions de dettes et de son trafic en berne, s'apprête évidemment à changer de statut. Or, c'est là le nœud de l'affaire. Si la CGT a laissé entendre dernièrement qu'elle était prête à transiger et à consentir à un plan social « sur la base de départs anticipés à la retraite » pour peu que la firme reste sous la tutelle de l'Etat, Thierry Frémont, sur France Info dimanche soir, a lui clairement exprimé le contraire : « Il y a deux solutions : ou on privatise, ou on laisse aller vers la faillite ». Or, il va sans dire que la seconde proposition de l'alternative n'entrait pas du tout dans ses prévisions.
Comme cela est pressenti, le fonds Walter Butler, spécialisé dans le rachat d'entreprises en difficultés telles Flo, Atys ou encore Autodis, a emporté la décision. Avec à la clé des suppressions de postes probables, sinon certaines. Le patron de Walter Butler les estimaient ainsi « nécessaires ». Il les chiffre ainsi entre 350 et 400. Précisons que la SNCM emploie environ 2300 salariés.

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