PME

Jean-François Roubaud: "La maladie des PME françaises est le manque de fonds propres"

Propos recueillis par Claire Lannaud -  05/10/2009 17:31:00 
 

Nicolas Sarkozy a annoncé 2 milliards d'euros d'aides pour renforcer les fonds propres des PME soit via une prise de participation du Fonds Stratégique d'Investissement (FSI), soit par un prêt participatif de la banque publique Oséo. L'avis de Jean-François Roubaud, président de la CGPME.

Comment analysez-vous la situation des PME aujourd'hui?

 Dans ce contexte de crise, la situation économique actuelle des PME est difficile. Elles doivent faire face à des problèmes de trésorerie et doivent à présent payer les délais de paiement et autres assouplissements dont elles ont pu bénéficier. Par ailleurs les carnets de commande ont du mal à se remplir. Cette mesure est un bon moyen de financement pour passer ce mauvais cap économique et me semble tout à fait satisfaisante. Un prêt pour renforcer le capital des PME était essentiel dans la situation actuelle.

La mesure proposée par Nicolas Sarkozy, inclut l'ouverture du capital des PME à de nouveaux actionnaires. Comment ce volet sera-t-il perçu par les entreprises? 

Si l'ouverture n'est pas un problème pour le chef d'entreprise, c'est très bien, l'Etat prendra donc une participation dans l'entreprise. En même temps, les entrepreneurs réticents peuvent bénéficier d'une alternative grâce aux prêts participatifs de la banque publique Oséo. Avec ce nouveau dispositif, ils auront donc le choix. En général les réticences proviennent du fait que les entrepreneurs qui ont investi leurs propres fonds dans une affaire, ne veulent pas partager leur capital, et donc leur pouvoir. Cependant, je pense que cette mesure sera acceptée avec soulagement par les patrons de PME, car elle répond à un besoin actuel.

Comment se place cette mesure par rapport à celles déjà existantes?

 Cette nouvelle mesure d'aide aux entreprises est complémentaire. La maladie des PME françaises est le manque de fonds propres. Cette mise à disposition de 2 milliards d'euros par l'Etat permettra aux PME de devenir petit à petit des entreprises de plus grande dimension. En revanche, la flexibilité des banques pour obtenir des crédits manque toujours à l'appel. Avec la crise, le bilan des entreprises est moins bon, et malgré cela, le système de rating des banques n'a toujours pas changé. Elles devraient faire preuve de plus de souplesse et d'humanité.

 
 
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Commentaires - (6)
bhoui 6/10/2009 Recommander 3

Article peu intéressant. Les PME en france ne sont pas conçues comme des entreprises à part entière, mais comme des extensions des grosses entreprises, ne vivant donc que de la sous traitance de celle-ci, en totale vassalité. d'ou le choix évident d ene pas investir de fonds propres dans une entreprises susceptible de disparaitre du jour au lendemain de par la décision de principal client de délocaliser par ex, pour augmenter sa rentabilité, vrai pour la grande entreprise, faux pour le territoire ou la nation...... Le vrai problème est le non patriotisme des grandes entreprises, a contrario de ce qui se pratique en Allemagne, où rigueur et crise ont été aussi fort voire plus, mais où les dirigeants sont habitués à raisonner aussi en patriotes plutot qu'en prédateur économique du territoire.

olaolélé 6/10/2009 Recommander 0

Jean-François Roubaud: "La maladie des PME françaises est le manque de fonds propres" La maladie des pauvres que nous sommes aussi ! Non, très sérieusement, c'est plutôt l'étranglement de PME par une fiscalité et des charges sociales au delà du raisonnable par un Etat déraisonnable qui nous emmenent droit dans le mur !

ninja 6/10/2009 Recommander 1

On nous dit la "maladie des PME en France est le manque de fonds propres". C'est malheureusement completement faux. La maladie mortelle des PME en France est un cout total du travail qui est environ 5 fois le cout mondial, ce qui les rend non-competitives, donc non-rentables et donc incapables d'accumuler des fonds propres. Dans les conditions de production actuelles, augmenter les fonds propres des PME ne sert donc strictement a rien sauf a repousser un ajustement ineluctable (ce qui peut etre rationnel d'un point de vue politique). (on pourrait analyser de la meme facon le deficit budgetaire). L'issue est malheureusement claire et sera (extraordinairement) douloureuae socialement.

Journal 6/10/2009 Recommander 2

- Un manque de fonds propres pour nos PME. Laissez moi rire !!! - Après x années , en relation directe avec les entreprises, j'ai vu et revu des bilans de PME et PMI ,pour affirmer que le type de constat que nous avions à examiner était bien souvent celui ci. - Monsieur le Directeur, votre entreprise est rentable, car vos résultats progressent normalement, sans compression des charges salariales et de développement technique, mais nous devons vous mettre en garde. Votre train de vie vous oblige à vous allouer des salaires trop importants, et de ce fait vous décapitalisez votre entreprise, qui risque de perdre de sa crédibilité auprès des banques, en cas de besoins occasionnels. - On va financer certaines entreprises en réelles difficultés, mais par contre vous aurez toujours cette décapitalisation voulue par le dirigeant, qui avec encore un peu plus de capitaux disponibles, saura acheter un anneau de port à Cannes, et y adjoindre un petit bateau ou voilier,pour les vacances de Madame ou la maîtresse. - Alors que fait on en pareille situation ? On fait supporter cette nouvelle charge au contribuable, car les entreprises ne rembourseront jamais ! Il me semble que cela suffit !!!!

Bélisaire 5/10/2009 Recommander 2

La trésorerie des PME ? c'est compliqué que cela ....La réactivité de ces petites entreprises et moyennes est extraordinaire et souvent méconnue par les pouvoirs publics mais à la différence de l'Allemagne les rémunérations des patrons sont souvent excessives, même les familles d'entrepreneurs-industriels ne veulent pas se serrer la ceinture, il faut peut-être que les banques regardent ce point d'un peu plus près !

tchampa 5/10/2009 Recommander 0

Lorsqu'on commence son entreprise, on n'a souvent pas de fonds propres suffisants. On va voir un banquier. Certains d'entre eux se font un malin plaisir de pomper exagérément sur les comptes des entrepreneurs en facturant tout, et en demandant des intérêts exagérément élevés. Lorsuqe l'entreprises est asphixiée et est en déconfiture, le banquier tire encore une fois ses billes grâce à la caution personnelle du dirigeant qui voit encore partir sa maison et sus de son entreprise. Les banquiers l'aurons de toute façon car ils ont infiltrés les juridictions commerciales.

 
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