Banque

La bourse applaudit au repli de Daniel Bouton à la SocGen

Guillaume Evin -  18/04/2008 17:35  - L'Expansion.com 
 
Société Générale
Daniel Bouton, 58 ans, est à la tête de la banque depuis 1997.

Trois mois après la « bombe » Kerviel, le PDG de Société Générale prend ses responsabilités et consent à prendre du champ : Daniel Bouton confie l’opérationnel à son directeur financier, Frédéric Oudéa. Et se réserve pour lui la présidence du groupe. La bourse applaudit. L'action SG prenait près de 6% vendredi.

C’était quitte ou double. Visiblement, le marché a bien accepté la transition managériale au sommet de la Société Générale et l’avènement de Frédéric Oudéa, son directeur financier depuis cinq ans. De fait, l’action SG grimpait de près de 6% vendredi, signant là la plus forte progression d’un CAC en hausse de plus de 2%. « Daniel Bouton s’est en fait inspiré de la jurisprudence BNP-Paribas avec le duo Michel Péberau et Baudoin Prot : il prend du recul et se dégage de l’opérationnel au quotidien, mais conserve la haute main sur la dimension stratégique et l’avenir à long terme », décrypte pour L’Expansion.com Jean-Baptiste Bellon, directeur du cabinet de conseil Trapeza. Et d’aucuns d’imaginer que le futur ex-PDG (ce sera acté le 12 mai) arpente la planète pour préparer un éventuel mariage d’un groupe dont jusque là il a toujours farouchement défendu l’indépendance.

« On peut dire que la SocGen rentre dans le rang, commente un autre spécialiste du secteur bancaire. Elle s’aligne enfin sur les standards en vigueur dans les autres grands établissements européens avec un découplage des deux principales fonctions ». Pierre-Yves Gomez, le président de l’Institut français de gouvernement des entreprises (IFGE), ne dit du reste pas autre chose lorsqu’il relève qu’en modifiant sa gouvernance, « la Société Générale se conforme à une tendance historique : la dissociation entre les fonctions de contrôle et les fonctions exécutives ». Même si cet économiste, professeur à l’EM Lyon, considère aussi qu’il s’agit surtout « d’une solution transitoire (…) Si Daniel Bouton avait gardé la direction générale et que quelqu'un de l'extérieur était venu exercer la fonction de contrôle, cela aurait eu du sens. Mais le fait que ce soit celui qui définissait la stratégie qui devienne président montre bien que la fonction de contrôle ne peut pas être entière ».

A vrai dire, ce redéploiement managérial est en fin de compte assez logique. Car il y a tout juste un mois, dans la foulée de l’augmentation de capital réussie à 5,5 milliards d’euros, Frédéric Oudéa, 44 ans, avait été propulsé directeur général délégué. Ce qui pour bon nombre d’observateurs valait alors mise sur orbite du quadra pour prendre le moment venu la succession de Daniel Bouton, de quatorze ans son aîné.

« Simplement, ce moment est arrivé plus tôt qu’on ne pensait, ajoute Jean-Baptiste Bellon. Car après avoir soumis sa démission deux fois et été conforté par son conseil autant de fois, le PDG restait maître de son calendrier ». « Il y avait un vrai risque que le flou ne perdure, comme cela s’était passé il y a une décennie lorsque Daniel Bouton avait succédé à Marc Viénot, complète notre observateur anonyme. Là, au moins, les choses sont claires. Les marchés, rassérénés ». D’autant que le futur patron de l’opérationnel – un très proche du dir cab’ de Christine Lagarde à Bercy – n’entend pas faire la révolution en interne : il a aussitôt confirmé dans leurs fonctions les deux autres directeurs généraux délégués, Philippe Citerne et Didier Alix, ainsi que le responsable de la banque de financement et d’investissement, Jean-Pierre Mustier, celui-là même qui coiffait hiérarchiquement Jérôme Kerviel.

 
 
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Commentaires - (2)
Bob 21/4/2008 Recommander 0

Ca y est... en préambule : la "bombe Kerviel" c'est dit, c'est lui le coupable.

antoineged 18/4/2008 Recommander 2

Ouf ! Antoine GED

 
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