En menaçant Renault de bloquer la production de la Logan en Iran, les autorités du pays veulent s'assurer des exportations vers les pays voisins. Renault estime de son côté que ces "déclarations à répétition" ne remettent pas en cause la fabrication prévue pour le second semestre 2006.
C'est ce qu'on appelle souffler le chaud et le froid. Mardi soir, le ministre iranien de l'industrie Ali-Reza Tahmasebi annonçait la suspension du projet de construction de la Logan en Iran, tant que Renault ne répondrait pas aux demandes du gouvernement d'Ahmadinejad. Mercredi, un responsable du ministère iranien de l'industrie, croyait voir « des signes » montrant que Renault était prêt à accepter les conditions de l'Iran pour pouvoir poursuivre la production de la Logan L-90. La pierre d'achoppement concerne la destination des unités produites. Les Iraniens veulent exporter une partie (on parle de 20%) de la production de la voiture low cost vers les pays voisins. Renault, de son côté, assure ne pas y être opposé, à conditions de savoir « comment, pour qui et sous quelles modalités se dérouleraient ces exportations ».
« La situation n'est pas nouvelle, déclare Clément Peltier, attaché de presse du constructeur automobile. Des déclarations de ce type ont déjà eu lieu à la mi-mars. Dans la situation géopolitique internationale actuelle, l'Iran veut mettre la pression sur Renault, car le pays a deux problèmes pour exporter : sa monnaie et l'absence d'accords de libre-échange avec ses voisins ». Le groupe français estime que l'heure n'est pas au blocage, mais bien à la négociation. Les premières productions sont toujours prévues pour le second semestre 2006 : « le projet continue, nous poursuivons nos investissements avec nos partenaires en vue de cette date ».
Du côté de la marque au losange, on rappelle que Renault est arrivé en Iran à la demande des autorités du pays. Désireuses de renouveler le parc automobile, celles-ci avaient lancé un appel d'offre pour produire la « voiture du peuple iranien ». Renault avait alors remporté la partie et signé un accord en mars 2004 avec trois constructeurs locaux. Cet accord avait donné naissance à une co-entreprise, Renault Pars, détenu à 51% par le Français, et à 49% par ses nouveaux partenaires, réunis sous le nom d'AIDCO. Conscient du « potentiel énorme du marché iranien », le constructeur hexagonal ne semble pas décidé à abandonner la partie, les estimations tablant sur la « production d'un millions de véhicules d'ici 2010 ».
Si, comme l'affirme Clément Peltier, « le projet Logan en Iran n'est pas remis en cause », celui-ci constituera la cinquième unité de production propre à la L-90 dans le monde, après celles de Roumanie, de Russie, du Maroc et de Colombie. Actuellement, seul le site roumain produit des voitures pour l'exportation, les autres se contentant de construire pour leur marché national (Russie et Colombie) ou de fabriquer des pièces détachées (Maroc).

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