L'introduction en bourse du groupe Aéroports de Paris aura lieu le 15 juin. Le gouvernement conservera entre 67,4% et 71,6% du capital de l'opérateur aéroportuaire.
L'Etat français a lancé mercredi dans la nuit le processus de privatisation partielle du groupe Aéroports de Paris (ADP), gestionnaire d'Orly et de Roissy, via une introduction en Bourse programmée le 15 juin qui rapportera 600 à 800 millions d'euros aux finances publiques.
ADP, jusqu'ici propriété à 100% de l'Etat, sera introduit à un prix compris entre 42 et 48,50 euros l'action pour les institutionnels et avec un rabais d'un euro pour les particuliers, a annoncé le ministère des Finances mercredi, après avoir reçu le visa de l'Autorité des marchés financiers.
L'Etat encaissera 617 à 800 millions d'euros et conservera in fine 67,4% à 71,6% du deuxième groupe aéroportuaire européen, a précisé Bercy, même si la loi lui permettait de n'en garder que 51%. L'introduction d'ADP en Bourse s'accompagnera d'une augmentation de capital, qui lui permettra de lever 600 millions d'euros en émettant 14,6 millions d'actions nouvelles.
L'Etat cèdera au départ 15,4 millions d'actions, mais se réserve la possibilité de céder 4,5 millions d'actions supplémentaires, ce qui déterminera ses recettes finales et la part du capital qui lui restera. Au total, la cotation d'ADP devrait dégager 1,2 à 1,4 milliard d'euros, répartis entre le groupe et l'Etat.
Le prix fixé par Bercy valorise ADP 4,2 à 4,8 milliards d'euros après augmentation de capital, en haut de la fourchette attendue par les analystes.
Le processus d'offre débute dès ce mercredi et devrait durer jusqu'au 14 juin. Les salariés d'ADP pourront souscrire jusqu'à 10% de l'offre à des conditions préférentielles.
La vente partielle d'ADP poursuit la série de cessions d'actifs publics engagée depuis 2005 par le gouvernenment, qui va aussi vendre les 21% de l'Etat dans Alstom, après avoir en 2005 cédé les trois sociétés publiques d'autoroutes et partiellemement privatisé EDF et Gaz de France, mis en Bourse.
Selon le ministre des Finances Thierry Breton, les ventes des parts dans ADP et Alstom et la cession des autoroutes rapporteront 12 milliards d'euros qui aideront à ramener la dette publique à 64,6% du PIB. ADP quant à lui utilisera sa part d'argent frais pour financer un vaste programme d'investissements de 2,7 milliards d'euros entre 2006 et 2010. La société, qui a accueilli 78,7 millions de passagers en 2005, compte augmenter ses capacités d'accueil de 19,4 millions de personnes en cinq ans.
La bonne santé des grandes compagnies aériennes européennes a fait bondir ses résultats l'an dernier et le groupe a été autorisé à augmenter de 5% par an ses redevances aéroportuaires pour les cinq ans à venir.
Mais ADP doit encore améliorer sa rentabilité, encore inférieure à celle des principaux aéroports européens. Il veut miser sur les commerces dans les aéroports et l'immobilier, en profitant des centaines d'hectares disponibles sur son domaine foncier.
Le secteur des aéroports fait actuellement l'objet d'un fort engouement des marchés financiers, avec des fusions à la clé. L'espagnol BTP Grupo Ferrovial est prêt à débourser 14,2 milliards d'euros pour mettre la main sur le gestionnaire des aéroports britanniques, British Airport Authority (BAA).
BAA et le gestionnaire de l'aéroport de Francfort, Fraport, sont déjà cotés en Bourse, avec une capitalisation respective d'environ 13 milliards et 5 milliards d'euros.

La compagnie aérienne se prépare pour la libéralisation des liaisons internationales de janvier 2010. Par ailleurs, sous la pression du pétrole cher, le groupe est contraint de revoir à la baisse ses ambitions.
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