Le célèbre fabricant de vaisselle en verre trempé a été placé en redressement judiciaire. 500 emplois sont en jeu.
L'affaire n'a pas traîné : Duralex a déposé son bilan hier jeudi ; vendredi à la mi-journée, le fabricant de verrerie de table était placé en redressement judiciaire pour une période de six mois, renouvelable une fois. Le tribunal de commerce d'Orléans octroie là un sursis aux 500 salariés du groupe. Un groupe pour l'heure en grandes difficultés, incapable de verser la totalité des salaires du mois de mai.
Duralex risque donc de ne pas survivre longtemps à son indépendance retrouvée en novembre dernier. Un cadre "maison" avait alors racheté la firme soixantenaire à l'italien Bormioli Rocco e Figlio, son propriétaire depuis 1997. A l'époque, le contexte n'était déjà pas très reluisant, puisque le groupe transalpin avait songé à fermer l'un des deux sites de production. A vrai dire, Duralex souffre d'un manque criant de fonds propres après le désistement d'un de ses soutiens bancaires. S'y ajoute une forte dégradation des ventes, inférieures de 50 à 70% aux prévisions du premier trimestre, selon les syndicats. Or, la firme du Loiret vit à 80% de ses exportations.
Solides et bon marché, assiettes, verres et autres saladiers en verre trempé ont longtemps fait les beaux jours des cantines et des collectivités en France et se retrouvent sur les tables de nombreux pays. Produit initialement à la verrerie de la Chapelle-Saint-Mesmin, créée en 1927 par un vinaigrier d'Orléans puis rachetée en 1934 par Saint-Gobain, le verre Duralex est depuis 1939 un verre trempé et pressé, à partir d'une invention de Saint-Gobain basée sur le principe du choc thermique: chauffé à 600 degrés, le verre est ensuite refroidi très rapidement. Ce procédé de fabrication donne à l'époque une transparence et une qualité visuelle jamais obtenues jusqu'alors, alors que sa résistance aux chocs est deux fois et demi plus importante qu'un verre normal.

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