Après Cirio, Parmalat, le numéro un transalpin de l'agroalimentaire, est au bord du défaut de paiement. Il lui faut d'urgence rembourser 150 millions d'euros... Ce dont il est pour l'heure incapable
Cirio hier, Parmalat aujourd’hui. L’agroalimentaire italien est dans la nasse : deux de ses plus gros représentants touchent le fond. L’un a même fait faillite quand l’autre tente encore de se dépêtrer de manœuvres financières plus ou moins glorieuses avec un fonds de pension. Les deux affaires ont ceci de particulier qu’elles inquiètent toute la finance italienne, puisque Banca Intesa et Capitalia, respectivement numéro un et quatre bancaire, sont tous deux lourdement exposés.
Parmalat tout d’abord. Le leader transalpin (7 milliards d’euros de chiffre d’affaires), numéro un mondial du lait longue conservation, a été contraint de réunir en urgence son conseil d’administration pour trouver une solution à un problème aigu de trésorerie : le groupe doit en effet rembourser une échéance de prêt de 150 millions d’euros depuis lundi dernier ; ce dont il se montre incapable. Face à cela, la direction a réclamé la suspension du titre à la bourse de Milan, qui l’a acceptée. A compter du 15 décembre, Parmalat pourrait donc se retrouver en situation de défaut de paiement. Un comble pour l’une des fiertés du Mibtel, l’indice vedette de la place italienne. D’ores et déjà, du reste, aux yeux de S&P, Parmalat a rejoint la cohorte des " junk bonds ". La société pourrait même sombrer au plus bas de l’échelle de notation, avec un infamant " D " en cas de défaillance sur cette nouvelle échéance. Rappelons que le groupe croule sous plus de 6 milliards de dettes.
Pour Cirio, l’affaire est encore plus simple : le spécialiste des conserves a tout simplement fait faillite et été liquidé l’été dernier. Lui aussi s’était montré incapable d’honorer ses obligations. Soit… 150 millions d’euros également. Pire. L’affaire Cirio prend à présent une tournure plus inquiétante, en ce sens qu’elle bascule dans le judiciaire : son ex-patron, le richissime Sergio Cragnotti (par ailleurs président du club de football de la Lazio de Rome) est actuellement poursuivi pour " banqueroute frauduleuse ", " escroqueries ", " faux en communications sociales " et " corruptions ".

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