
La banque américaine a divisé par deux son bénéfice net au deuxième trimestre mais fait mieux que prévu. Elle se pose en bénéficiaire potentiel d'une crise qui va provoquer une consolidation. En attendant, les bourses, européennes notamment, bondissent.
Les bourses en général et les valeurs bancaires en particulier peuvent dire merci à JP Morgan Chase. La banque américaine a pourtant publié un bénéfice net en baisse de 53% au second semestre, à quelque 2 milliards de dollars, pour un revenu net bancaire en baisse de 1% à 19,7 milliards. Mais cette performance moins mauvaise que prévu a été accueillie avec un véritable soulagement. Le titre JP Morgan bondissait en effet de près de 10% jeudi vers 17 heures 30, entraînant nombre de consoeurs comme Bank of America (+7,5%), Wachovia (+3%) ou Citigroup (+5%).
Pas suffisant pour doper vraiment un Wall hésitant en milieu de séance, mais un vrai booster pour les bourses européennes qui se sont envolées pour la deuxième journée consécutive (+2,76% pour le Cac 40, notamment). La veille déjà, la bonne résistance de Wells Fargo avait provoqué la même réaction de soulagement au niveau mondial. Le problème, c'est que les performances de ces deux établissements, qui font partie des mieux gérés, ne sont pas forcément généralisables.
Objectivement, en effet, les résutats de JP Morgan traduisent la difficulté du moment. Le bénéfice du groupe financier américain a été à nouveau amputé par des dépréciations d’actifs, à hauteur de 1, 1 milliard de dollars. S'y est ajouté une charge exceptionnelle de 540 millions de dollars liée au rachat de la banque d’affaires Bear Sterns, finalisé fin mai. Enfin et surotu, la Chase, la banque de détail du groupe, a passé une provision pour créances douteuses de 3,8 milliards de dollars. Soit deux fois plus qu’il y a un an. Car la hausse des défauts de remboursement sur les prêts immobiliers mais aussi les cartes de crédit suggère que le pire de la crise financière n’est pas fini.
Le PDG Jamie Dimon prévoit d’ailleurs que « l’environnement économique demeurera affaibli et qu’il pourrait s’affaiblir encore davantage, et que les marchés de capitaux resteront sous pression ». Ajoutant qu’il est conscient que le bilan de son groupe « contient encore des risques substantiels » et que ces facteurs joueront « pour le reste de l’année, ou au-delà ». Pas vraiment rassurant sur un plan général. Sauf que le patron de JP Morgan laisse entendre que sa banque est bien placée pour profiter de la situation.
"Malgré cet environnement, nous sommes confiants dans notre capacité à renforcer la solidité et la rentabilité de cette société", a-t-il estimé. D’ailleurs, à la différence du premier trimestre, toutes les grandes divisions de la banque ont dégagé des bénéfices. Seul le segment recouvrant les activités dans le non coté ayant enregistré une perte, consécutive à l'intégration de Bear Stearns.
Signe de la confiance des investisseurs dans la banque, les actifs sous gestion ont augmenté de 7% sur un an et atteignaient 1.200 milliards de dollars en fin de trimestre. Signe de sa solidité financière, le niveau des capitaux propres de JP Morgan a progressé de 10% par rapport au premier trimestre. Et Jamie Dimon d’affirmer que son groupe a « largement la latitude d’émettre des titres hybrides » en cas de besoin d’argent frais pour une acquisition. La crise actuelle « mènera à plus de fusions dans l’avenir » a-t-il en effet indiqué.

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