La démission de Christian Streiff a été officialisée lundi soir. Louis Gallois, le co-président français d'EADS, lui succède. L'action du groupe aéronautique lâchait encore plus de 1,5% lundi.
C'est un coup de théâtre de plus dans la crise managériale qui plombe Airbus depuis plusieurs mois. Confirmant une rumeur insistante depuis la fin de la semaine dernière, le PDG Christian Streiff a en effet démissionné lundi avec effet immédiat. Il est remplacé par Louis Gallois, qui conserve ses fonctions de coprésident exécutif d'EADS, la maison mère de l'avionneur. L'ancien PDG de la SNCF va donc cumuler les deux fonctions, du moins dans un premier temps, avant sans doute de s'adjoindre les services d'un directeur général, chargé de l'opérationnel. Son homologue allemand chez EADS, Tom Enders, reprend sous son autorité les activités restantes du groupe européen (hélicoptères, espace).
La nouvelle structure de direction, qui entérine une plus grande intégration d'Airbus à EADS, "permettra une gouvernance plus simple et plus efficace", explique le communiqué officiel. Le groupe voulait en effet réduire la traditionnelle autonomie de l'avionneur européen, tenue responsable des déboires actuels. Or c'est justement de cette tutelle que voulait s'affranchir M. Streiff, arrivé en juillet. Il avait envoyé la semaine dernière sa démission en exigeant plus de liberté pour mettre en oeuvre son plan de redressement. Dans un entretien à paraître mardi dans Le Figaro, M. Streiff explique que "le mode de gouvernement d'entreprise d'Airbus ne permettait pas la réussite" de son plan. Du côté d'EADS, on estime que M. Streiff avait été prévenu de ces futures règles dès sa nomination. En interne, on lui reproche également un "manque de diplomatie" incompatible avec ses fonctions, qualités au contraire reconnues à son successeur.
Le Premier ministre avait vainement tenté de désamorcer la bombe hier dimanche en assurant qu'il n'y avait « aucune raison » au départ forcé de Christian Streiff. Las! 24 heures plus tard, le gouvernement doit opérer un virage à 180 degrés. Par la voix du ministre français des Finances, Thierry Breton, il justifie le nouveau cours des événement en expliquant que « c'est une bonne chose d'avoir une seule ligne de management entre EADS et Airbus ».
Contrairement à ce que voulait espérer lundi la CGT, la démission de Christian Streiff ne devrait toutefois pas remettre en cause le sévère plan d'économie baptisé "Power 8", présenté la semaine dernière. Le conseil d'administration d'EADS lui a en effet confirmé son "soutien unanime". Mais il reste plusieurs dossiers à régler, dont les modalités de mise en oeuvre de la restructuration et la décision ou non de lancer l'A350. Nul doute que ces questions seront abordées dans 3 jours lors d'un conseil franco-allemand à l'Elysée puisqu'EADS est contrôlé à parité EADS par les Français (15% Etat et 7,5% Lagardère) et les Allemands (22,5% DaimlerChrysler). A la bourse parisienne, ces nouvelles péripéties précipitaient un peu plus dans l'abîme l'action du groupe aéronautique, avec un énième recul de près de 1,5%. Sur les cinq dernières séances, le repli affiche 10% tout juste. Depuis le début de l'année, le plongeon frôle les 37% !
Commercialement parlant, Airbus n'affiche pas non plus une forme olympique. Le groupe a particulièrement souffert en septembre, puisqu'il n'a engrangé que 4 nouvelles commandes. Autant dire que l'avionneur signe là sa plus mauvaise performance depuis près de deux ans. Depuis le début de l'année, Airbus a cumulé 226 commandes fermes contre 666 pour son rival Boeing. Soit quasiment un rapport de 1 à 3 en faveur de l'américain.

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il a rien fait a st gobain alors a airbusc'est pas le moment de mettre un gros nul ya a assez dans le management
Et ire qu'il y a quelques mois encore, Airbus était devenue un terme générique qualificatif de la réussite.
On songe à l'histoire de Concorde (un ami qui y travaillait nous avait mis au parfum) ou à la construction de l'Hôpital Pompidou…
Il a raison de quitter si on ne lui donne pas pleins pouvoir pour réorganiser Airbus. Les responsables de la situation actuelle sont les politiques qui avaient imposés le/spécialiste/Forgeard.Nos politiques ne savent pas gèrer convenablement le pays et encore moins une industrie. Voir la dette énorme de la France ainsi que la fusion trés particulière G.D.F.-Suez.