Un millier d’entrepreneurs de 25 pays se sont réunis pendant deux jours à Québec pour parler business et nouer des relations. Un concept original, qui a fait ses preuves.

Au premier abord, on parierait sur un banal concours administratif. Mais pas du tout. Ce qui se trame en fait sur ces centaines de tables alignées au milieu d’un hall bruyant n’a rien à voir avec un recrutement de facteurs. Il s’agit d’un speed-dating d’un genre nouveau, pour entrepreneurs. Pour preuve, toutes les 30 minutes, une cloche sonne pour rappeler aux participants qu’ils doivent changer de table et de vis-à-vis.
1000 patrons de PME de 25 pays représentés réunis pendant deux jours pour faire du business et qui se rencontrent selon le principe éprouvé de la prise de contact chronométrée, sur affinités a priori, c’est la formule originale du forum international Futurallia.
Cette 13ème édition se tient jusqu’au 22 mai au soir à Québec et est parrainée cette année -célébration du 400ème anniversaire de Québec oblige- par deux anciens premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. Au programme : 10 000 rendez-vous d’affaires préprogrammés répartis sur deux jours, une demi-journée de conférences internationales. Coût de l'opération: 1,5 million d'euros. Elle est financée en trois tiers par des subventions publiques, les inscriptions des participants (1000 euros, hors voyage) et des sponsors. La cible ? Les entreprises de 20 à 200 salariés, « les autres n’ont pas besoin de nous », plaide Françoise Vilain, la directrice générale de la CCI de la Vienne et grande prêtresse de Futurallia depuis 1990.
« Chaque inscrit rencontre les entreprises qu’il a repérées dans la catalogue des participants et tente de nouer avec elles des relations en trente minutes », décrypte-t-elle. « J’ai eu 4 rendez-vous aujourd’hui et 8 autres sont programmés demain, confirmait hier soir Magnolya Roy, jolie entrepreneuse de 29 ans qui a fondé début 2007 Blue Yeti, un bureau d’études spécialisé dans la conception de systèmes interactifs (voir encadré).
C’est l’occasion pour nous de faire connaître notre savoir-faire et de saisir les opportunités qui se présentent. » Chaque participant a ainsi entre 10 et 12 entretiens sur deux jours, dont 2 en moyenne débouchent sur des « courants d’affaires », selon l’expression consacrée. Comme lors de chaque édition, la France fournit la majeure partie des bataillons : 250 entrepreneurs, soit un quart des participants. « Il n’y a pas un entrepreneur étranger qui ne rencontre pas un Français », avoue Françoise Vilain dont l’objectif est de développer les échanges avec la France. Un joli succès, et pas que d’estime à écouter les commentaires de tous les participants, dont l’édition 2009 se tiendra au Quatar.
Pour Magnolya Roy, participer à Futurallia cette année est une chance. A la tête d’une toute petite entreprise spécialisée dans la conception de systèmes interactifs, Blue Yeti (www.blueyeti.fr), cette jolie brune de 29 ans a été repérée par l’Office franco-québécois de la jeunesse qui l’a emmené dans ses bagages avec 35 autres jeunes entrepreneurs de moins de 36 ans. « Jamais je ne serai venue si l’OFQJ ne me l’avait pas proposé », avoue-t-elle. Et elle ne regrette pas son choix, Magnolya. « J’ai 12 rendez-vous de calé sur deux jours, dont la moitié sollicités par d’autres que moi. »
A mi parcours, elle a ainsi peut-être trouvé un partenaire et un client sur deux projets différents. « Reste à assurer la suivi », reconnaît-elle. De toute façon, Magnolya n’aura pas fait le voyage pour rien. Elle a pu parler de son projet, récolter des conseils pour la suite des événements d’entrepreneurs plus chevronnés qu’elle et croiser dans les couloirs Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, deux anciens premiers ministres. « Leur présence démontre que c’est un événement important », conclut-elle, regrettant juste d’avoir oublié son appareil photo dans sa chambre d’hôtel…

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