L'opérateur affiche 5,7 milliards d'euros de bénéfice net. Soit une hausse de près de 90%. Le dividende augmente de 108% à 1 euro par titre. L'action prend 3% à Paris.
Ebranlés par une concurrence d'autant plus inattendue qu'elle s'avère particulièrement agressive, les anciens monopoles publics taillent allègrement dans leurs coûts en ne compensant pas la prochaine vague de départs en retraite massive de leurs salariés : après les 6000 suppressions de postes chez EDF confirmées en décembre dernier, place aux 17.000 de France Télécom. Outre ses résultats 2005, l'opérateur télécom a ainsi annoncé aujourd'hui mardi qu'il prévoyait bien une réduction de ses effectifs de 17.000 personnes sur deux ans, dont 16.000 en France, comme cela avait été esquissé il y a huit mois lors de la divulgation du plan stratégique Next. En cela, le géant français rejoint le mouvement général qui affecte l'ensemble du secteur européen : Telefonica a prévu de s'alléger de 15.000 postes entre 2004 et 2007 ; KPN en fera autant avec 8.000 emplois d'ici à 2010. Le suédois TeliaSonera en supprimera 3.000, cependant que Swisscom en rognera « une centaine par an ». Et que dire enfin de la purge de 32.000 postes que s'apprête à effectuer Deutsche Telekom sur deux ans ?
Cet allègement contraint, qui représente entre 8 et 10% des effectifs globaux, doit permettre au groupe dirigé par Didier Lombard de stabiliser voire de rogner légèrement ses charges de personnels, qui se montent actuellement à 37%. A l'instar de l'électricien français, cette restructuration se fera sans licenciements secs. Un tel dispositif a évidemment de quoi satisfaire les marchés. A Paris, l'action FT grimpait donc de 3%.
Dans le détail, France Télécom ne remplacera que très partiellement ses départs dits « naturels ». De l'ordre de 1 pour 3 à 1 pour 4. Il en avait été de même entre 2002 et 2005, où 20 à 22.000 salariés avaient déjà quitté le groupe. Cette fois encore, face aux 22.000 départs attendus entre 2006 et 2008, l'opérateur ne recrutera que 6000 personnes. Le syndicat FO veut y voir une sombre erreur « d'anticipation » de la direction, qui aurait mal apprécié l'essor de la téléphonie par internet et partant l'hémorragie inéluctable d'une partie de sa clientèle traditionnelle à la faveur des demandes de dégroupage total. Du côté de la CGT, on stigmatise davantage le cadeau fait aux marchés financiers et notamment aux « gros actionnaires ».
Il est vrai que le groupe est loin d'être aux abois. Le millésime écoulé a même été exceptionnel financièrement parlant. Ses profits se sont envolés de près de 90% en un an, à 5,7 milliards d'euros, alors que dans le même temps son chiffre d'affaires n'a gagné que 2,5% à un peu plus de 49 milliards. De sorte qu'il s'apprête à reverser à ses actionnaires un dividende confortable de 1 euro par titre. Ce qui représente une hausse de 108% par rapport à l'exercice précédent. Mieux encore, le groupe pourrait se montrer plus généreux l'an prochain, en accordant un dividende de 1,2 euro au titre de l'année 2006, qui, par ailleurs, devrait se révéler conforme aux attentes.

Le groupe automobile a annoncé jeudi un plan de diminution de ses effectifs de 2.700 emplois par départs volontaires, dans tous les sites et directions du groupe.
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