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Flambée spéculative dans l'énergie européenne

 31/05/2007 17:11:00  - L'Expansion.com 
 
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L'allemand E.ON se déclare prêt à avaler un « gros poisson ». L'espagnol Iberdrola est l'objet d'un billard à trois bandes entre Albert Frère, Suez et un autre espagnol, le groupe de BTP, ACS. Enfin, EDF profite de l'embellie générale pour talonner Total en terme de capitalisation.

Certains des grands noms de l'énergie en Europe sont à nouveau pris dans le tourbillon qui semble agiter à intervalles réguliers un secteur en pleine consolidation. C'est le cas aujourd'hui d'E.ON, d'Iberdrola et d'EDF.

Tout d'abord, l'allemand E.ON étale sa puissance de feu : le numéro un outre-Rhin est prêt à investir 60 milliards d'euros sur trois ans, dont 42 milliards en opérations de croissance, et 7 milliards d'ici la fin 2008 en rachats d'actions, sans oublier une politique généreuse de versement de dividendes (+10 à +20% en moyenne d'ici à 2010). Si le groupe dirigé par Wulf Bernotat a bel et bien perdu la bataille à plus de 40 milliards pour le contrôle du leader espagnol de l'électricité Endesa au profit du géant italien Enel, il n'en a pas pour autant perdu la guerre. Il n'est pas dégoûté des « gros poissons » dixit son directeur financier. E.ON compte d'ailleurs dans l'immédiat lâcher 10 milliards pour quelques pans d'Endesa qu'Enel et son partenaire espagnol Acciona consentent à lui céder, 10 autres pour se renforcer dans le gaz et enfin, 6 milliards encore pour se positionner en Russie (via notamment la vente aux enchères des producteurs d'électricité OGK-5 et TGK-10),  en Turquie et en Europe du sud-est. A Francfort, l'action E.ON grimpait à la mi-journée de plus de 5% avant de se replier quelque peu en fin de séance sur un plus modeste +0,4%.

A la bourse de Madrid, l'effervescence est tout aussi palpable dans l'énergie. Pour preuve, l'action Iberdrola, le numéro deux de l'électricité derrière Endesa, s'offrait 2% jeudi à la clôture après avoir touché son sommet absolu en cours de séance. En fait, le groupe ibérique se retrouve au cœur de toutes les spéculations depuis qu'Albert Frère est monté hier à 5% de son capital, devenant même son 3ème actionnaire. Or, le milliardaire belge est déjà le 1er actionnaire de Suez avec 9,5%. Par ailleurs, le groupe français est monté il y a deux semaines de 4,5% à 11,3% du capital du groupe gazier espagnol Gas Natural, celui-là même qui a longtemps été en rivalité avec E.ON dans le dossier Endesa. D'aucuns dans la presse ibérique, à commencer par le journal Cinco Dias, affirment donc que ces manœuvres sont en fait le prélude à un raid plus large sur Iberdrola, concocté par Gas Natural, ACS, le groupe de BTP qui possède 11,7% de l'électricien, et Suez, actuellement au point mort en France dans son projet de fusion avec GDF. Car Gas Natural, isolé sur son marché domestique après son offensive manquée sur son compatriote Endesa, compte parmi ses puissants actionnaires, La Caixa, l'équivalent de la Caisse d'Epargne catalane, qui co-détient précisément avec Suez la société Aguas de Barcelona (Agbar).

A Paris, le titre Suez prenait 1,5%. Dans le même temps, l'action EDF, elle, s'octroyait +2,3% après s'être offert +3,4% en cours de séance. Le numéro un européen de l'énergie profite ainsi à plein du mouvement spéculatif général. Au point que sa capitalisation boursière talonne désormais celle de Total, le champion de la cote parisienne. Jeudi soir, 8,5 milliards – seulement – séparaient les deux mastodontes : 125,5 milliards pour l'un contre quasiment 134 milliards pour l'autre.

 
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