La fédération internationale de football annonce un bénéfice prévisionnel record de 110 millions d'euros sur l'organisation du Mondial 2006. Elle a mis en place des nouvelles règles de sponsoring pour faire encore mieux lors des éditions suivantes.
On savait que la Coupe du monde n'était pas une oeuvre de charité. Mais, depuis 2002, la Fédération internationale de football (Fifa) estime que sa principale source de revenu ne lui rapporte pas assez. Elle a donc décidé d'intensifier son contrôle sur la commercialisation de l'événement. Pour la Coupe du monde de 2006 mais aussi celles de 2010 et de 2014, une nouvelle stratégie marketing a été mise en place. Avec d'abord des places de sponsors plus rares et plus chères. De 45 à 50 millions d'euros actuellement, le prix de la place devrait ainsi avoisiner les 80 millions d'euros en 2010. Par ailleurs, la Fifa a mis en place un nouveau programme de partenariat qui s'étend sur plusieurs années. Adidas, premier signataire, va ainsi débourser 280 millions d'euros pour soutenir tous les évènements Fifa jusqu'à la coupe du monde de 2014. En échange, pour justifier l'augmentation des tarifs, la garantie d'exclusivité offerte aux sponsors, et donc les contrôles, sera renforcée.
La stratégie qui accompagne parfaitement la mondialisation des marques semble être payante puisque les candidats se bousculent au portillon. « Le championnat du monde de football n'est pas un bien public, mais une manifestation privée appartenant 207 fédérations nationales de football », déclarait il y a peu Gregor Lentz, directeur général de Fifa Marketing & TV Deutschland. Selon lui, seul l'appel aux sponsors privés peut permettre de couvrir les coûts de l'organisation de la Coupe qui atteignent le milliard d'euros. Les 21 sponsors actuels, 15 « partenaires » et 6 « fournisseurs » officiels, ayant versé pas loin de 650 millions d'euros, ceux-ci veulent en avoir pour leur argent. La Fifa aussi. Elle a donc négocié avec les villes organisatrices que les stades ainsi qu'une zone d'environ un kilomètre autour des stades soit entièrement dédiée aux sponsors.
Bien sûr, personne ne demandera aux supporters brésiliens d'enlever leurs maillots Nike en entrant dans le stade. Mais les bus Mercedes-Benz qui transporteront les équipes ou les VIP, devront être repeints aux couleurs de Hyundai, le partenaire automobile officiel. La Fifa apar ailleurs fait breveter les différentes dénominations de l'évènement ainsi que plusieurs noms de marques tel que « Mondial 2006 » ou « Coupe du Monde 2006 » et ce, pour à peu près tous les produits existants, herbicides et ouvre-boîtes compris. Actuellement, plusieurs centaines de contentieux ont déjà été ouverts entre la Fifa et des entreprises, Ferrero notamment, qui trouvent excessive l'étendue de la protection.
Vendredi après-midi, à Leipzig, Urs Linsi, secrétaire général de la Fifa a annoncé que son organisation réaliserait 1,7 milliard d'euros de recettes grâce au mondial 2006. Selon lui, la seule vente des droits télévisés rapportera 1,2 milliard d'euros. Les 500 millions restants proviendront des royalties versées par les 15 partenaires officiels. Curieusement, dans son addition, M. Urs Linsi ne prend pas en compte ni les sommes que verseront les 6 fournisseurs officiels, ni les recettes réalisées grâce aux ventes de licences commerciales sur le nom et les marques déposées de l'évènement. Au final, la FIFA compte dégager un bénéfice d'au moins 110 millions d'euros, a souligné M. Linsi, ce qui ferait du Mondial 2006 la Coup du monde la plus rentable de l'histoire.

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