Le groupe énergétique français a conclu un accord de coopération avec l'américain Exelon. Il s'apprête par ailleurs à prendre 10% du capital d'un autre groupe américain, Constellation Energy. A Paris, l'action EDF prenait 3,6% lundi.
Autant on sait EDF à l’affût sur le marché européen de l’énergie nucléaire, autant on sait moins que le poids-lourd français pousse également ses pions sur le marché américain. La banque espagnole Santander n’écrivait-elle pas du reste le mois dernier dans une note : « Faible croissance, allons faire du shopping… » ? Autrement dit, pendant qu’il prépare activement un raid à plus de 12 milliards d’euros sur British Energy, le propriétaire de 10 des 12 centrales britanniques, le groupe dirigé par Pierre Gadonneix n’oublie pas dans le même temps en coulisses de conforter ses positions outre-Atlantique.
EDF a ainsi révélé lundi qu’il venait de conclure il y a quelques semaines un accord avec Exelon, le 1er fournisseur d’électricité d’origine nucléaire aux Etats-Unis. L’objet de celui-ci ? Un partage d’expérience sur cinq ans de leur activité d’exploitant de centrales nucléaires, allant de l’exploitation du combustible à la fiabilité des installations. A Paris, l'action EDF prenait 3,6% lundi.
A vrai dire, cette initiative du français n’est pas totalement nouvelle. Il y a deux ans, le mastodonte du CAC 40 avait bouclé une opération similaire avec un des compatriotes d’Exelon, Constellation Energy. Mieux. Un an après, à l’été 2007, les deux partenaires avaient même monté une co-entreprise dans le but d’implanter sur le sol américain les réacteurs EPR d’Areva. Aujourd’hui, EDF va plus loin. Selon Les Echos, le leader européen s’apprête à prendre prochainement 10% du capital de son allié. Or, initialement, il devait s’en tenir à 5% durant la 1ère année de leur contrat, soit de juillet 2007 à juillet 2008, puis éventuellement monter de 5% supplémentaires entre 2008 et 2012. En clair, EDF accélèrerait là le calendrier en devançant les échéances. Preuve de ses ambitions aux Etats-Unis.
C’est qu’EDF nourrit là-bas de grandes ambitions. Il envisage d’y écouler les réacteurs de troisième génération de son compatriote Areva. Cela, bien que la concurrence fasse rage. Le duo EDF/Areva doit en effet affronter deux autres tandems américano-japonais : GE/Hitachi d’un côté, Toshiba/Westinghouse de l’autre. Dans l’immédiat, EDF compte sur l’appui de Constellation Energy pour décrocher des contrats en Pennsylvanie, au Missouri, au Texas ou dans l’Idaho. En revanche, avec Exelon, un tel dispositif paraît compromis, car l’américain a opté, lui en faveur de la technologie d’un des deux rivaux d’EDF/Areva, en l’occurrence GE/Hitachi.

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