L'électricien français est sommé par une décision de justice de dévoiler ses intentions concernant l'espagnol Iberdrola, qui se refuse à lui. Il serait en même temps prêt à débourser 8,8 milliards d'euros pour s'emparer du britannique British Energy.
Toujours pas officialisée, l’offensive d’EDF sur l’espagnol Iberdrola est de plus en plus contestée. Vendredi matin, le groupe français a annoncé qu'il entamait des recours contre une décision d'un tribunal de Bilbao du 26 mars qui l'oblige à dire si oui ou non, il est en train de préparer l'acquisition de tout ou partie de l'électricien espagnol. Fort de cette décision de justice, Iberdrola a en effet indiqué qu'il allait tout faire pour forcer EDF à dévoiler son jeu.
Pour l’heure, en effet, EDF a simplement reconnu avoir mené des discussions exploratoires avec un des actionnaires d'Iberdrola, le groupe de BTP ACS. Et déclaré qu'il ne se lancerait dans une opération que s'il était le bienvenu. Cette attente vise notamment le gouvernement espagnol, particulièrement attentif aux rachats d'entreprises espagnoles dans ce secteur stratégique. Le patron d’Iberdrola, de son côté, a déjà tenté de fermer la porte de façon préventive en affirmant qu’’il était « clair qu’EDF n’est pas le bienvenu », mettant en cause notamment son caractère public. Il a par ailleurs déposé plusieurs plaintes devant l'Union européenne, accusant notamment l'Etat français de blinder de manière illicite le capital d'EDF.
Dans le grand mouvement de concentration en cours dans le secteur énergétique européen, EDF fait en effet figure d’ogre en sa qualité de n°1 du Vieux Continent. Ses concurrents étrangers lui reprochent régulièrement la moindre ouverture du marché français alors qu’il a pu se développer dans tous les grands pays d'Europe occidentale, Allemagne, Italie, Royaume-Uni… sauf l'Espagne. Or Iberdrola, quatrième groupe électrique européen par capitalisation (près de 49 milliards d'euros), possède en plus de fortes positions à l’international.
Décidément très actif, EDF est également annoncé en Grande-Bretagne, où, selon La Tribune de vendredi, il pourrait lancer une offre sur la totalité du capital de British Energy, valorisé à 8,8 milliards d’euros. Selon le journal économique, qui ne cite pas de sources, le conseil d'administration du groupe français réuni jeudi, aurait donné son feu vert à cette opération, qui lui permettrait de mettre la main sur le premier producteur britannique, propriétaire de neuf des dix sites nucléaires du pays.
Mais dix autres candidats seraient également intéressés par l'opérateur britannique, parmi lesquels les allemands EON et RWE, les espagnols Iberdrola, Endesa et Union Fenosa, le franco-belge Suez et les britanniques Centrica et Scottish & Southern Energy, ajoute la Tribune.
British Energy, qui assure près de 19% de l'électricité consommée au Royaume-Uni, est actuellement détenue à 35,2% par le Trésor britannique. Elle est valorisée à la Bourse de Londres à 6,7 milliards de livres (8,8 milliards d'euros au taux de change actuel).

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