Une parité euro/dollar largement défavorable, de lourdes provisions pour l’A-400M : le groupe aéronautique a creusé ses pertes au 3ème trimestre. Et n'exclut pas de devoir renforcer son plan Power 8.
Il y a six semaines, EADS avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur la parité euro/dollar. Aujourd’hui, à la faveur de la présentation de ses résultats du 3ème trimestre, le constructeur aéronautique a récidivé avec insistance. Car désormais la vigueur de la monnaie unique couplée à la langueur du dollar commencent à produire leurs effets néfastes collatéraux. En clair, la maison-mère d’Airbus estime nécessaire de durcir encore son plan de restructuration, lequel prévoit pourtant 10.000 suppressions de postes sur 4 ans, dont la moitié chez les sous-traitants, ainsi que la cession d’une poignée de sites industriels. « Nous faisons face à une faiblesse accrue du dollar. Cela affecte nos perspectives, donc je pense qu’il faut renforcer Power 8 » déclarait jeudi Louis Gallois, le patron du groupe franco-allemand. Pour l’heure, toutefois, aucun chiffre de suppressions de postes supplémentaires n’a été avancé.
C’est que le plan Power 8 a été calé à l’origine sur un euro à 1,35 dollar. Or, en ce moment, la devise européenne fluctue aux alentours de 1,46-1,47 dollar. Ce qui ne peut qu’être préjudiciable pour Airbus, qui vend ses appareils en dollars mais dont la structure de coûts demeure en euros. Fabrice Brégier, le bras droit de Louis Gallois, avait estimé fin septembre qu’avec un euro à 1,45 dollar, le groupe devrait dégager 1 milliard d’euros d’efforts supplémentaires à l’horizon 2010-2011. En somme, à chaque fois que la monnaie américaine abandonne 10 cents, Airbus perd environ 1 milliard d’euros. Un préjudice qui pourrait vite devenir insurmontable si le billet vert continue sa glissade effrénée, quand bien même EADS a pris soin de se "couvrir" pour 2008 et pratiquement 2009. « Le groupe vend à terme à un prix convenu à l'avance les dollars qu'il s'apprête à recevoir par la suite, expliquait il y a peu à L’Expansion.com Jean-François Virolle, chef économiste à la société de bourse Global Equities. Or, comme sa planification est assez simple vu qu'il ne produit qu'une fois les contrats signés, sa visibilité sur ses rentrées d'argent demeure relativement appréciable. Ceci étant, la visibilité sur le dollar au-delà de deux ans est quasi nulle. Donc prudence… ».
Autre souci : le programme A-400M, lequel nécessitera « un effort considérable (…) pour remettre les choses en ordre » dixit Louis Gallois. EADS a en effet dû provisionner 1,37 milliard pour pallier les retards de six mois à un an du futur avion de transport militaire, handicapé par les difficultés de ses motoristes. L’an dernier, le groupe avait déjà passé dans ses comptes une charge exceptionnelle de 352 millions pour ce même appareil.
Au final, le n°1 européen de l’aéronautique civile et militaire a creusé sa perte à 776 millions d’euros contre un déficit de – seulement – 189 millions un an auparavant. Il se voit également contraint de minorer ses ambitions financières pour 2007 et ne table plus que sur un résultat opérationnel « globalement à l’équilibre » alors qu’il a longtemps escompté un résultat « stable » au regard des 339 millions de bénéfices récoltés en 2006. Un glissement sémantique qui traduit bien les préoccupations de la direction générale. Curieusement, les marchés ont plutôt bien réagis. L’action EADS bondissait même de 6,5% à Paris jeudi, signant au passage la plus forte progression du CAC. Mais il est vrai que le chiffre d’affaires a grimpé de 9% à 9,2 milliards, largement au-delà des estimations les plus optimistes.

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pourquoi ne pas payer le pétrole en euros, et vendre en euros les produit manufacturés ?l'occasion est belle de penser a la chose quant-on voit les commandes des pays pétroliers a air -bus .le formalisme en économie est-il si difficile a contourner .