Louis Gallois, le patron du constructeur aéronautique, a confirmé lundi qu'EADS allait devoir se résoudre à délocaliser une partie de sa production hors de l'Europe afin de contrer l'euro fort.
Ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises, mais Louis Gallois, le patron d’EADS, s’est finalement résolu à confirmer lundi ce qu’il redoutait depuis plusieurs mois : la délocalisation d’une partie de la production d’Airbus, la filiale vedette du n°1 européen de l’aéronautique, en zone dollar. Et ce afin de contrer les effets néfastes de l’euro fort, dont l’inexorable montée ne cesse de plomber la rentabilité de l’avionneur européen. « Nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d’avion, des portes, des éléments de fuselage, des éléments d’aile, à l’extérieur de l’Europe ». A Paris, l'action EADS glissait de près de 2% à la clôture.
En cela, Louis Gallois fait écho aux propos d’un autre PDG du secteur, en l’occurrence Charles Edelstenne, le président de Dassault Aviation, qui a indiqué dans Le Monde du week-end dernier qu’il allait, lui aussi, délocaliser hors de France un pan de son activité, en l’espèce son pôle jets privés : « Nous sommes en train de préparer les mesures d’adaptation de la société à la nouvelle situation créée par les derniers dérapages du dollar. Elles seront annoncées au personnel dans les premiers jours de janvier ».
A vrai dire, aucune autre industrie européenne n’est aussi touchée par la flambée de la devise européenne. C’est que Airbus et Dassault Aviation produisent en euros mais vendent en dollars. Ce qui au vu des parités actuelles (1 euro = 1,46 dollar environ) ne peut que les léser. Or face à eux, aussi bien Boeing pour l’un que Gulfstream ou Bombardier pour l’autre opèrent tous trois en billets verts. Cette problématique s’applique aussi bien entendu à leurs sous-traitants, qui assurent dans le cas d’Airbus 84% des coûts directs d’un appareil. C’est ainsi que Latécoère, l’un de ses premiers fournisseurs, a déjà commencé à s’installer hors de l’UE, dans des zones à bas coûts, telles le Maroc, la Tunisie et le Brésil. La semaine dernière, le magazine Wirtschafts Woche évoquait, lui, une implantation en Russie ou aux Etats-Unis pour la principale filiale d’EADS.
Concrètement, pour Airbus, le différentiel euro/dollar pourrait se répercuter socialement sur l’ampleur du plan Power 8. Car celui-ci, qui prévoit à l’origine 10.000 suppressions de postes sur 4 ans, a été calé sur un euro à 1,35 dollar. Or, à chaque fois que ce dernier s’effrite de 10%, cela signifie 1 milliard d’économies supplémentaires à réaliser. Thomas Enders, le président exécutif d’Airbus, est d’ailleurs monté au créneau pour dénoncer cette asphyxie progressive, estimant que le niveau de l’euro face au dollar « avait dépassé la limite du supportable ». L’autre conséquence, industrielle cette fois, tient au gel prévisible de ses investissements dans tout nouveau programme. Comme le signalait il y a peu Nicolas Bouzou, chef économiste du cabinet Asterès, « si les coûts de production en euro ne baissent pas, ses marges diminuent, et donc sa capacité à investir ou à embaucher ».

Le système de paiement sur Internet fête ses 10 ans. Impact du ralentissement économique, concurrence de Google Checkout, phishing... Le président de PayPal, Scott Thompson, dresse un bilan complet pour Lexpansion.com.
La compagnie aérienne se prépare pour la libéralisation des liaisons internationales de janvier 2010. Par ailleurs, sous la pression du pétrole cher, le groupe est contraint de revoir à la baisse ses ambitions.
Trois questions à Pierre Ballester, ex-Grand Reporter à L'Equipe durant les années quatre-vingt-dix et auteur aux éditions du Rocher de Tempêtes sur le Tour.
Le français Jean-François Cecillon, PDG d'EMI Music International et responsable d'EMI France, vient d'être remercié par Terra Firma, les actionnaires de la maison de disques anglaise.
Google va devoir livrer à Viacom les adresses IP de tous les internautes qui ont visionné des vidéos sur YouTube. Un « revers pour le droit à la confidentialité », dénoncent des associations de défense des libertés.
Interview d'Olivier Le Floch, co-fondateur d'AchatVIP, qui revient sur les raisons du succès des ventes privées et celles en particulier de son site, n°2 en audience, mais aussi ses points faibles -le service après-ventes -, et l'avenir du marché.
je suis trés surprise que si tôt : 2 mois aprés le scandale eads ,on demande encore des sacrifices aux employés, pour toujours les même raisons: profits et bénéfices,au risque de perdre une entreprise qui marche,la délocalistion coûte à la planéte (pas trés écologique) et aux hommes de terrain qui fabriquent et créent.pourquoi ne pas demander à la banque centrale, aux actionnaires de se sacrifier un peu. il est bien regrettable que les ingénieurs et les employés n'aient pas leur mots à dire
L'incompétence des services financiers d'EADS est seule responsable car il suffisait à l'entreprise de faire une couverture de change dont certaines techniques permettent de couvrir au-delà de 5 années avec un coût minime.
Pourquoi justifier l'erreur de gestion sur le dos du dollar ?
Depuis quand le coût de la main d'oeuvre est elle le poste le important dans la construction d'un avion? Il etait, jusque là, admit que la matière et sa technologie etait prépondérente sur la main d'oeuvre. Les choses auraient elles changées à ce point? Les doctrines économiques modernes seraient elles donc:< quoi que l'on produise, il est toujours preferable de le faire ailleur?... ;o)
Au lieu de consacrer beaucoup d'énergie et de ressources à délocaliser en zone Dollar, ne serait-il pas plus intelligent de négocier des contrats de vente en Euros, ou dans un panier de monnaies composé du Dollar et de l'Euro ?!? Pourquoi subissons-nous toujours la dictature du Dollar ? L'Europe et aussi le monde auraient beaucoup à gagner en stabilité en privilégiant les achats et les ventes en Euros. Et qu'on ne nous dise pas que le dérapage du Dollar était imprévisible !
Il y a quelques années, quand le franc se dévaluait régulièrement vis-à-vis du mark, tout le monde critiquait notre gouvernement incapable de maintenir un franc fort et enviait ces allemands et leur mark fort (qui ne les empêchait pas de se développer). Aujourd'hui, nous avons un euro fort et, bien entendu, il est la cause de nos problèmes. Ô France, patrie de Descartes, tu ne changeras donc jamais.
Quand pourra-t-on mettre fin à la mauvaise gestion économique de l'Europe ?