
La banque franco-belge a essuyé une perte nette de 1,5 milliard d'euros au troisième trimestre. Son action plongeait de 11,5% à Paris vendredi.
La banque franco-belge Dexia, secourue fin septembre par les pouvoirs publics, veut tirer au plus vite les leçons de ses errements stratégiques et va réduire drastiquement la voilure après avoir annoncé vendredi une lourde perte de 1,54 milliard d'euros. Concrètement, l'établissement a dévoilé un train de mesures, qui pourraient notamment se traduire par un plan social, ainsi que la vente de ce qui aura été son boulet depuis le début de la crise, sa filiale américaine FSA.
La vente de cette filiale de "rehaussement de crédit", activité méconnue qui a été l'un des accélérateurs de la crise financière, va mettre la banque à l'abri d'un risque potentiel de plus de 500 milliards de dollars, mais elle va se solder par une moins-value d'environ 1,5 milliard d'euros.
"Nous voilà sortis du risque américain dans des conditions que je crois satisfaisantes", a commenté le nouveau patron de Dexia, le Français Pierre Mariani, en dépit de la forte moins-value. Cette perte sera comptabilisée au quatrième trimestre, qui s'annonce au moins aussi difficile que le troisième. Dexia a indiqué vendredi que ses résultats "seront influencés défavorablement", du fait principalement du "bouleversement des marchés".
Pour parvenir à se défaire de FSA, cédé à l'américain Assured Guaranty, Dexia a dû consentir à garder le portefeuille de titres les plus risqués de sa filiale, qui s'élève à 16,5 milliards d'euros et auquel les Etats français et belge vont apporter leur garantie. Des Etats qui, avec le Luxembourg, se sont déjà engagés à garantir les emprunts de Dexia à hauteur de 150 milliards d'euros et l'ont renfloué, fin septembre, en injectant 6,4 milliards d'euros à son capital.
Devenue la première banque mondiale sur le marché du financement du secteur public, Dexia a vu ses engagements grandir à vitesse accélérée ces dernières années, notamment en s'aventurant sur des produits risqués. "Dexia était à la fois un hedge fund (fonds spéculatif) et une banque classique", a commenté une source proche de la banque. "Elle va redevenir une banque", a-t-elle ajouté. "Dexia a perdu de l'argent quand elle est sortie de ses coeurs de métiers en s'exposant de manière trop forte à un risque américain qu'elle ne savait pas gérer et à des activités financières qui ont pris un poids disproportionné dans les activités du groupe", a commenté M. Mariani.
D'où la cure d'amaigrissement annoncée ce vendredi, qui vise à économiser 500 millions d'euros et va se traduire par des réductions d'effectifs que M. Mariani s'est refusé pour le moment à détailler. "Le groupe a un effort d'économie considérable à faire", a-t-il dit, précisant qu'il attendait "une réduction du train de vie de chacun".
Outre la cession de FSA, Dexia va se désengager de ses activités les plus risquées, comme ses investissement sur les marchés financiers "pour compte propre", c'est-à-dire réalisés avec les fonds de la banque. Elle va également cantonner un portefeuille d'obligations de 164 milliards d'euros et en attendre l'extinction. "Nous ne devons jamais oublier que les banquiers font des erreurs quand ils ne s'occupent pas de leurs clients et quand ils prétendent pouvoir conduire des activités déconnectées de leurs activités de clientèle", a déclaré M. Mariani.
Malgré l'accumulation des pertes, Dexia devrait néanmoins pouvoir mener ses restructurations sans demander prochainement de rallonge aux Etats qui l'ont sauvé. M. Mariani a ainsi précisé qu'après la vente de FSA, le ratio de fonds propres se situerait au-delà de 11%, niveau supérieur à celui de la presque totalité de ses concurrents européens.

Le patron de l'OM est décédé ce samedi à l'âge de 63 ans. Portrait d'un milliardaire qui n'a jamais réussi à emmener son club au sommet. Il lui aura même fait perdre plus de 200 millions d'euros.
1 milliard de dollars. C'est ce que l'App Store pourrait rapporter à Apple cette année. Mais ce pactole pourrait diminuer si des start-up comme Adwirl parvenaient à rendre gratuites certaines applications phares en y insérant de la pub. Interview de Sam Yu, le co-fondateur d'Adwhirl.
Filtrer et classer les emails selon les utilisateurs, mais aussi repérer un rendez-vous ou une action à faire et vous alerter en cas d'urgence, c'est ce que propose Kwaga grâce à un traitement linguistique. Enfin la solution pour ne plus être débordé?
Deux Tours de France se croiseront cette année à Monaco, en Andorre et en Suisse. Moins connu que la compétition cycliste, le "Tour de France des paradis fiscaux" a pour objectif de sensibiliser l'opinion publique aux dérives de la finance. Les explications de Jean Merckaert, à l'origine de la manifestation avec un collectif d'ONG.
La Confédération helvétique a signé des conventions fiscales avec plusieurs pays. Mais personne ne connaît réellement le contenu de ces textes. De quoi entretenir le flou sur la mort annoncée du secret bancaire suisse. Nos explications.
France Télécom a menacé d'arrêter ses investissements dans la fibre optique si l'Arcep maintenait sa décision d'autoriser plusieurs fibres par foyer. Décryptage avec Roland Montagne, responsable du pôle haut-débit au sein de l'Institut de l'audiovisuel et des Télécommunications en Europe.
Pourquoi pas un dégraissage plus vigoureux ? Les têtes mal pensantes ne garantissent plus nos épargnes.