Les groupes américains ont fini d'assainir leurs bilans en surfant sur la croissance domestique. A l'exception notable de l'automobile, tous les secteurs, ont profité de cette embellie, mais plus encore la banque et l'énergie.
Les mastodontes américains, tous secteurs confondus, n'ont pas eu à se plaindre du millésime 2005. De fait, General Electric, Citigroup, ExxonMobil et tant d'autres, ont fait état de profits faramineux. Bank of America, la troisième banque du pays, a ainsi dégagé un résultat net de près de 17 milliards de dollars l'an dernier. Soit une progression de 19%. Le conglomérat GE, pour sa part, a vu le sein bondir de près de 12% à périmètre comparable, à 18,3 milliards. Citigroup, le numéro un mondial des services financiers, a pulvérisé tous les records, avec une hausse de 30% ses profits pour son seul quatrième trimestre. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe bancaire affiche ainsi 24,5 milliards de profits. Soit tout simplement une envolée de 44% !
Les raisons de cette embellie généralisée outre-Atlantique tiennent avant tout à deux éléments : la bonne tenue de la croissance américaine sur fond de maîtrise monétaire et la fin d'un cycle de restructuration. « La consommation des ménages, qui reste le premier moteur de la croissance du pays, a encore été très vigoureuse ; ce qui évidemment n'a pu que soutenir la demande auprès des entreprises », note ainsi Vincent Zeller, directeur de gestion chez Groupama. En parallèle, les multinationales ont fini l'an dernier d'assainir leur bilan. Une opération vérité amorcée au lendemain de l'éclatement de la bulle internet. « Elles ont restauré de puissantes marges, souligne pour sa part Jean-Pierre Petit, chef économiste chez Exane. Et pas seulement dans l'énergie ou la banque, deux secteurs qui ont nettement superformé ».
De son côté, Julie Jourdan, conseiller financier chez Raymond James, une société d'investissements spécialisée dans l'intermédiation sur les marchés nord-américains pour le compte d'une clientèle institutionnelle, ne dit pas autre chose lorsqu'elle constate que les groupes « n'ont jamais eu autant de cash, ni de bilans aussi sains ». Ce qui d'ailleurs se concrétise par « nombre de fusions/acquisitions ou d'opérations de rachat d'actions ». Pour 2006, le cycle vertueux devrait a priori se poursuivre, car « on est entré dans une phase de stabilisation », dit-on chez Exane.

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