
Excédée par les rumeurs récurrentes de marchés, la famille propriétaire de Clarins préfère fuir la bourse, quitte à y mettre le prix fort. La prime donnée aux minoritaires se monte à 30%.
Trop de rumeurs de marché ; trop de pression à court terme. Christian Courtin-Clarins, le président du conseil de surveillance de Clarins, a ainsi justifié le choix de retirer de la cote son groupe de cosmétiques, dont le nom ces derniers temps a régulièrement été jeté en pâture à l’appétit féroce de mastodontes tels que L’Oréal, LVMH ou PPR.
« On ne peut pas diriger une entreprise en étant constamment sous le poids des rumeurs » a fait valoir le représentant de la famille propriétaire. « Le marché est court terme, parfois même très court terme », or « la vision de notre stratégie pour le groupe est plutôt moyen et long termes ».
Résultat ? Clarins, en bourse depuis vingt-quatre ans, ne supporte plus ce grand écart, où l’exigence de résultats immédiats se télescope avec un développement à long terme. Le groupe quittera donc prochainement le marché pour se concentrer sur sa « stratégie de croissance organique » dixit le groupe. Pour cela, Clarins procèdera à une OPA simplifiée sur ses minoritaires, laquelle courra du 18 juillet au 5 septembre et donc les résultats seront dévoilés le 12. En attendant, l’action est toujours suspendue, depuis jeudi dernier. La cotation devrait reprendre le lundi 7 juillet.
Sur le fond, Clarins n’est pas la première société en vue à vouloir rompre avec la dictature du "court-termisme" des marchés et son lot de rumeurs en tous genres. L’historique du groupe en bourse atteste du reste de son positionnement assez singulier : depuis 1984, Clarins n’a levé que deux fois des fonds pour se financer.
Au moment où le groupe français plus que cinquantenaire envisage des « investissements soutenus et réguliers », qui par définition plomberont sa rentabilité, il ne peut s’offrir le luxe d’être massacré en bourse. Voilà pourquoi Financière FC, la holding de contrôle du groupe familial, est prête aujourd’hui à mettre 840 millions sur la table pour rafler les 35% du capital qui lui manquent. Un prix qui représente une prime de 30% par rapport au cours moyen de l’action sur les trois derniers mois.
De quoi valoriser le groupe dirigé par l’américain Philip Shearer 2,3 milliards d’euros ; un groupe (marques Clarins, Azzaro, Thierry Mugler et MyBlend) pesant environ 1 milliard de chiffre d’affaires (dont seulement 15% en France), présent dans 150 pays via19.000 points de vente et 38 instituts et comptant plus de 6000 salariés.

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