Présentant la future politique énergétique de la France à l'ère de l'après-pétrole, Jacques Chirac souhaite que les transporteurs publics optent massivement pour des carburants alternatifs. Le chef de l'Etat fixe un cap sur vingt ans.
Plus une goutte « d'or noir » d'ici vingt ans. La RATP et la SNCF sont ainsi priées par Jacques Chirac de ne plus rouler au pétrole à l'horizon 2025. A charge pour les deux transporteurs publics de montrer l'exemple dans l'ère post-pétrole en optant pour une source d'énergie alternative, telle que la « chimie verte ». Et le chef de l'Etat de rappeler l'objectif qu'il a assigné au gouvernement : multiplier le biocarburant par cinq en deux ans. De sorte qu'à la fin 2007, les voitures de fonction des administrations et des établissements publics consomment au moins un tiers de biocarburants.
Très attendu sur la politique énergétique de la France, le Président de la République y est donc allé de son effet d'annonce pour le volet transport lors de la présentation jeudi de ses vœux aux forces vives. C'est que l'énergie « verte » est devenu un enjeu économique vital, dès lors que les cours du brut stagnent à un niveau élevé. L'INRA, l'Institut national de la recherche agronomique, conditionnant la rentabilité de la filière bio à un baril oscillant entre 75 et 80 dollars.
La SNCF, du reste, ne s'en cache plus. « L'électrique coûte globalement trois fois moins cher que le diesel ». On mesure d'autant mieux l'attrait du « tout électrique » quand on sait que le groupe présidé par Louis Gallois a grillé l'an dernier 267 millions de litres de gazole pour 150 millions d'euros. Mieux. Les locomotives électriques sont aussi moins chères que leurs équivalentes diesel et surtout, plus puissantes et plus faciles à entretenir. Reste cependant deux hypothèques de taille à lever : renouveler le parc de motrices, sachant qu'aujourd'hui les locomotives diesel représentent 43% de l'ensemble des engins à moteurs de la société nationale pour seulement 10% du tonnage remorqué. Et dans le même temps, électrifier le réseau, à raison d'1 million d'euros pour une double voie. Pour l'heure, 14.000 kilomètres de voies le sont. Soit à peine moins de la moitié de l'ensemble.
Du côté de la RATP, on ne se montre guère moins enthousiaste. La Régie veut voir dans la déclaration du Président « un encouragement » à sa politique de « diversification des ressources énergétiques ». Sans verser dans le « tout électrique », la RATP entend essentiellement miser sur le biodiesel, autrement connu sous son appellation commerciale de diester. Aujourd'hui, le gazole classique absorbe 30% de la facture énergétique du groupe. Soit pas loin de 60 millions d'euros. Sur un parc de quelque 4.100 bus, environ les trois-quarts roulent au gazole filtré, moins de 10% à l'aquazole, une sorte d'émulsion d'eau et de diesel traditionnel, moins de 5% au gaz (qu'il soit GNV ou GPL) et enfin à peine 2% au diester ou à l'électricité.

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