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Carlos Ghosn renonce à son rêve américain

Guillaume Evin -  11/10/2006 16:52:00  - L'Expansion.com 
 
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Pas plus GM que Ford. Renault et Nissan se recentreront chacun sur leur propre stratégie. Le patrond du duo franco-japonais ne voulait pas se disperser à un moment charnière. A Paris, l'action du constructeur français clôturait à l'équilibre après avoir chuté en séance.

Coup de théâtre dans l'industrie automobile : quelques jours à peine après l'officialisation de l'échec de ses négociations avec General Motors, Carlos Ghosn, le patron de Renault et Nissan, annonce aujourd'hui mercredi qu'il renonce à toute alliance en Amérique du nord et donc a fortiori avec Ford. Il avoue également qu'il n'a jamais rencontré Bill Ford, l'héritier de la famille fondatrice, depuis la fin du dossier GM.

Motifs invoqués par le PDG du duo ? Les deux constructeurs poursuivront chacun leur stratégie. Ce qui leur évitera de se disperser à un moment clé de leur développement : « Nous allons nous assurer que nous remplissons les engagements pris, point ». « Ce faisant, Ghosn avoue en creux que le timing avec les Américains n'était pas bon, confie à LExpansion.com Jean-François Laget, associé chez Héméria, un cabinet de conseil en stratégie et management. Je pense en réalité que Bill Ford souhaitait bien débaucher le manager Carlos Ghosn pour redresser son propre groupe mais qu'il n'avait nullement l'intention de s'embarquer dans une coopération tripartite ». Il y a peu, Bloomberg avançait d'ailleurs que Ford avait le premier sifflé la fin des spéculations en souhaitant poursuivre sa route seul. A Paris, l'action Renault clôturait à l'équilibre après avoir chuté en séance.

Autant dire qu'il s'agit là d'un virage à 180° pour le tandem franco-japonais. Car les crispations avec Rick Wagoner, le patron de GM, ne remettaient nullement en cause – sur le papier du moins – la pertinence d'un rapprochement avec un autre acteur majeur du marché américain, lequel ne pouvait être alors que Ford compte tenu du fait que le numéro trois local, Chrysler, était déjà arrimé à l'allemand Daimler. Et puis pour Carlos Ghosn, qui fut patron en son temps de Michelin Amérique du Nord, ne disait-il pas dernièrement qu'une présence outre-Atlantique était la clé de tout pour un constructeur à vocation mondiale ?

Pour la direction de Renault-Nissan, ce repositionnement brutal lui permet en tout cas de contrer deux arguments brandis par ses détracteurs : « primo, la surmédiatisation des discussions avec GM visait à masquer l'urgence des réformes au sein des deux membres de l'Alliance, confie en privé un analyste parisien, spécialiste des valeurs automobiles depuis de longues années. Ce qui revient à dire que la piste GM n'était plus qu'une sorte de contre-feux. Secundo, le risque de se diluer dans le « deal » de trop. En mettant le cap sur l'Amérique, l'Alliance se fragilisait potentiellement faute d'avoir au préalable consolideé ses propres positions en Europe de l'Ouest ou au Japon face à Toyota ».

Carlos Ghosn entend donc maintenant se recentrer sur les priorités immédiates de Renault et Nissan : c'est-à-dire gagner en rentabilité pour l'un et relancer l'offensive produits pour l'autre. Le constructeur français est engagé depuis février dernier sur un plan à trois ans, son fameux « Contrat 2009 », dont l'objectif est de progresser en volume en élargissant sa gamme, notamment dans les segments « supérieurs ». Le japonais, lui, a déjà opéré sa mue à l'orée des années 2000, mais arrive en revanche en fin de cycle produits. Il doit donc d'urgence sortir de nouveaux modèles. Ce qui doit être amorcé dès cet hiver avec notamment la Livina, la camionnette à sept places dévoilée aujourd'hui à Djakarta (Indonésie) et censée concurrencer très bientôt la Kijang Innova de Toyota, pour l'heure l'un des modèles vedettes dans le Sud-Est asiatique.

 
Commentaires - (2)
égalité 14/10/2006 Recommander 0

quand j'ai appris que les pouparlers avec général motors avaient fait long feu j'ai eu un soupir de soulagement .je ne m'étendrais pas sur le sujet ce risquerai d'etre simplement douloureux. le dis renault et jeep et le reste par exemple .simplement un fait capital chaque fois qu'une grande entreprise Française a investie aux états unis elle s'est retrouvée le cul dans la merde , y laissant l'essence de l'investissement le pognon des Français avec risque de faillite chaque fois pour l'entreprise concernée .salut

Francart 11/10/2006 Recommander 0

Il est urgent de venir s'occuper de Renault dont l'avenir commercial apparaît bien sombre. Les nouveaux modèles se font attendre : Twingo dans 8 mois, Laguna dans un an et rien d'autre de précis, hormis un 4X4 interessant mais qui arrivera bien après la concurrence. Est-ce que l'image de Renault va résister à la publication mensuelle de statistiques commerciales désastreuses ? Et comment gérer la baisse de production en Europe ? Pourquoi ne pas importer rapidement les haut de gamme de Renault Samsung ? Pourquoi n'y a-t-il eu aucune sanction sur les responsables des erreurs de style et de marketing sur le haut de gamme (avantime et velsatis) ? Cost killing, oui mais avec des produits qui tiennent sur les marchés. L'avenir ne s'écrit pas qu'en Logan !

 
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