Alain de Pouzilhac, chassé l'an dernier d'Havas avec l'arrivée au pouvoir de Vincent Bolloré, ne touchera pas ses 7,8 millions d'euros d'indemnités de départ. Ainsi en ont décidé les actionnaires du groupe publicitaire lors de leur AG annuelle.
Dix jours après l'affaire Zacharias, du nom de l'ex-patron de Vinci évincé sèchement par son conseil d'administration pour s'être montré trop gourmand financièrement, un nouveau nom sort de la boîte à polémiques au sujet de la juste rémunération des dirigeants : celui d'Alain de Pouzilhac, l'ancien patron d'Havas.
A l'origine de ce nouveau psychodrame ? Vincent Bolloré en personne, le nouvel homme fort du numéro deux français de la publicité, fort de ses 25,4% du capital. Lors de l'AG annuelle du groupe, les actionnaires ont en effet refusé aujourd'hui lundi à Alain de Pouzilhac ses 4,4 millions d'euros d'indemnités de départ et ses 3,4 millions d'euros pour clause de non-concurrence, pourtant promises à l'intéressé et… entérinées par le même conseil en juin 2005. Motif invoqué par le président du conseil d'administration : il faut savoir « tourner la page » avec les pratiques de l'ancienne direction. Ce qui sous-entend en clair, mettre un terme aux abus des parachutes dorés. Et l'homme d'affaires d'origine bretonne de justifier sa démarche : « Ceux qui ont quitté le groupe en pensant toucher le jackpot, je laisserai la justice en décider, mais en attendant je ne prendrai pas le risque de verser des sommes aussi importantes à des gens qui ont quitté la société ». A noter qu'Alain Cayzac, le nouveau président du PSG et anciennement directeur de la communication d'Havas, mais aussi Jacques Hérail, l'ex-directeur financier du groupe, se sont vu également refuser leurs émoluements de 488.000 euros et 718.000 euros. En revanche, Jacques Séguéla, lui, vice-président du groupe, touchera bien 1,3 million pour 2005 dont 900.000 euros de bonus. Autre traque aux abus : celle liée aux "distributions discrétionnaires" dixit Vincent Bolloré accordées lors d'un plan d'intéressement qui concernerait 35 cadres de la filiale Euro RSCG.
Vincent Bolloré a par ailleurs poursuivi sa croisade éthique en jugeant nécessaire « de réduire le nombre d'administrateurs ». Ce qui a été facilité par la démission de cinq de ses membres, dont Laurence Parisot, la présidente du Medef, et par le non-renouvellement de deux autres sièges. Last but not least dans son programme de gouvernance, le propriétaire d'Havas a aussi jugé bon d'alléger singulièrement la pile des jetons de présence, au point que les rémunérations des membres du conseil passeront de 52.000 euros à 1000 euros, tout en supprimant le comité des rémunérations. En parallèle devrait être impulsé un programme d'actionnariat salarié. Objectif in fine de toutes ces mesures drastiques : amorcer le redressement du groupe, attendu pour 2008.

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