Il ne pouvait pas monter plus haut. C'est au septième étage du siège parisien d'Alcatel-Lucent que Serge Tchuruk, le président du conseil d'administration, a emménagé. A grands frais. On parle de 300 000 euros de travaux. Le prix à payer pour dominer la capitale... et le bureau de Patricia Russo, la directrice générale, installée deux étages plus bas. Certains observateurs y voient un symbole, celui d'un patron qui veut garder la main. Et qui passe plus de temps au siège que « Pat ». Officiellement, pourtant, tout va pour le mieux. Le top 15 du management est en place, le nouvel ensemble est en ordre de marche. La réalité est moins rose. « La guerre des chefs bat son plein », raconte un homme du siège. Vince Molinaro, le patron Europe et Nord, vient de quitter le groupe pour « raisons personnelles ». Tout comme John Saint-Amand, le n° 2 de Convergence, l'une des cinq branches d'activité. « Ces conflits d'hommes ont plombé le dernier trimestre 2006, raconte un manager du site de Vélizy. Il faudrait peut-être penser au business, un jour. »
Disparité des rémunérations
Sur le terrain, la situation reste confuse. Les ex-Alcatel ont l'impression d'avoir perdu le pouvoir. « Beaucoup d'Américains ont été nommés dans le management intermédiaire », note un chef de projet de la division mobiles. « Nous avons respecté une proportion qui correspondait aux poids respectifs des deux groupes, réfute Claire Pedini, la DRH. L'impression de surnombre vient du fait qu'il y avait déjà, avant la fusion, 6 000 Américains qui travaillaient chez Alcatel. » Le malaise se cristallise sur le terrain de la rémunération. « De l'assistante au directeur opérationnel, les Américains sont mieux payés, râle un cadre administratif, et ils ont trois à quatre fois plus de stock-options. » « Le problème de l'équité salariale peut se poser pour les expatriés des deux groupes, soit 1 200 personnes », tempère Claire Pedini.Cet ingénieur breton pointe un autre problème : « Le flou de l'organisation. C'est en me connectant sur le logiciel qui permet de poser ses congés que j'ai su à quelle division j'étais rattaché. » Que dire des doublons dans le catalogue maison : « On nous avait dit que le meilleur produit serait choisi, poursuit-il. Dans ma division, l'Américain qui nous dirige n'a pas choisi entre les "call serveurs" de Lucent et d'Alcatel, il a conservé les deux versions. Le non-choix est permanent. »
Les ingénieurs refont leur CV
En R&D, c'est la grosse déprime. Spécialisé dans les réseaux fixes à Vélizy, ce chef de projet croyait dur comme fer à cette fusion. « J'y voyais une logique industrielle, raconte-t-il. La complémentarité entre les deux groupes me semblait excellente, Lucent nous ouvrait le marché américain. Mon sentiment a changé. Dans notre division, nous vendons un équipement de transmission WDM qui marche très fort ; nous devrions recruter pour honorer nos engagements commerciaux. Au lieu de cela, on dégraisse le tiers des effectifs. » En Bretagne aussi, où la R&D paie un lourd tribut, on broie du noir. « Les projets prennent du retard, explique un ingénieur. Mes collègues sont démobilisés, ils pensent surtout à refaire leur CV. » Une nouvelle devrait les réconforter : le constructeur chinois Huawei vient d'annoncer son implantation dans les Côtes-d'Armor. Il compte recruter cinq cents ingénieurs et techniciens. Il n'aura pas beaucoup de mal à les trouver. Charles-Emmanuel Haquet

Bruxelles a accordé 3 ans de plus aux constructeurs pour limiter leur pollution. En échange, la Commission a durci les pénalités en cas de dépassement. Si les groupes allemands font grise mine, les français ont une belle carte à jouer.
Le numéro un du mobile présente enfin un téléphone mobile capable de rivaliser avec l'iPhone.
Face à l'offre jugée hostile de Gemalto, la direction de Wavecom recommande la contre-proposition de Sierra supérieure de 21% par action. Les actionnaires minoritaires et les salariés étaient, eux, favorables au repreneur français.
Le président Sarkozy devrait annoncer jeudi une "prime à la casse" de 1.000 euros pour soutenir le marché automobile et encourager la mise au rebut des véhicules anciens et polluants, croit savoir Le Monde.
Le groupe bancaire JPMorgan Chase va réduire les effectifs de Washington Mutual, sa concurrente au bord du dépôt de bilan rachetée en septembre, d'environ 21% d'ici fin 2009. Ce qui représente 9.200 emplois,
Le plan de 4.000 départs volontaires lancé en France par Renault à la mi-octobre a déjà donné lieu à 4.037 dossiers. Près de 3800 entretiens sont encore en cours.
Criant de vérité ! Une parenthèse à propos du départ de M. Saint-Amand: il aurait signé des contrats entre A-L et SA start-up. Il a été remercié poliement... Parenthèse fermée, on peut comparer A-L à un paquebot en croisière: tout est question d'apparence et tous à bord font avancer le bateau pour gagner le ruban bleu alors que le capitaine le mène sur un iceberg dans le brouillard ... En retouchant leurs C.V., certains se rapprochent des canots de sauvetages ! En 2 ans, Apple a changé son "business model" et est en croissance, alors que S. Tchuruk est complètement dépassé mais refuse de l'admettre...